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Scandale à Dallas : quand les Mavs se retrouvent pointés du doigt pour culture misogyne et perverse

Dallas cuban
Source image : YouTube

Alors que le break du All-Star Weekend aurait pu se dérouler dans le plus grand calme et en permettant à chaque franchise de recharger les batteries, c’est une véritable bombe que Sports Illustrated a largué sur la NBA ce mardi soir. La cible ? Les Mavs, qui opéreraient de manière troublante leurs opérations à Dallas…

Voilà un sujet qu’Adam Silver et la Ligue auraient aimé éviter. Et pourtant, le voici. Suite à une investigation de longue durée réalisée par plusieurs membres du média américain, c’est un long papier (qu’on vous recommande vivement de lire dans son entièreté) qui a été publié en ce début de semaine, témoignant des actions à caractère misogyne réalisées dans les coulisses de la franchise. Un sale fantôme à moitié caché dans un placard texan, qui surgit aujourd’hui et se prend de pleine face la lumière médiatique, pointée sur une organisation apparemment profondément marquée par des principes d’actions malsaines. Au coeur de la tempête ? Terdema Ussery, ancien boss des Mavs pendant 18 ans (de 1997 à 2015), et accusé aujourd’hui d’harcèlements sexuels répétés. Désormais loin de la franchise, Ussery n’est malheureusement que la tête de l’iceberg. En effet, dans ce long format réalisé par Sports Illustrated, on trouve évidemment des témoignages assez sordides de ce qui pouvait se produire dans les coulisses de la franchise, mais ceux-ci ne tournent pas uniquement autour de l’ancien prési à Dallas. Buddy Pittman, tête des ressources humaines, Paul Monroe, vice-président au département marketing, ou Earl K. Sneed, directeur de publications sur le site officiel des Mavs : les acteurs sont peut-être différents mais l’attitude est unitaire, ce qui se passe à Dallas depuis des années est affligeant.

Lors de ce repas pris dans la salle des médias à Dallas, et avec des membres d’ESPN assis à proximité, Ussery lança une conversation assez inhabituelle. Alors que la femme en question (nouvelle membre du staff des Mavs) relatait les échanges entre elle lui, Ussery affirma qu’il savait ce qu’elle allait faire lors du week-end à venir. Lorsque la femme demanda avec confusion ce qu’il voulait dire par cela, Ussery souria.

“Tu vas te faire prendre dans un gang-bang, n’est-ce pas ?”

“Non,” répondit la femme, prise par surprise. “En fait, je dois aller voir un film avec des amis.”

“Non,” insista Ussery. “Tu vas clairement te faire prendre dans un gang-bang.”

Cet exemple choquant est, hélas, le premier d’une liste terrifiante et qui dévoile les coulisses d’une franchise décrite comme « une véritable ferme » selon un autre témoin. Une ferme que personne n’a vraisemblablement dérangé, avant que cette investigation prenne place. Tout ça pendant que les joueurs, inconscients de cette réalité, représentaient en fait un véritable refuge pour certains employés via leur vestiaire. Être proche d’eux plutôt que de retourner au bureau et se faire menacer, le choix était vite fait.

12 août 2013 : Une femme rappelle qu’elle s’était plaint auprès de son boss, Paul Monroe, vice-président du département marketing à l’époque, concernant cette culture misogyne et en citant spécifiquement les actions d’Ussery. Selon ses notes, Monroe lui avait dit qu’il l’emmènerait en voiture à un meeting. Une fois tous les deux assis, Monroe la menaça de la virer si elle “ne la fermait pas et faisait son boulot,” lui disant de “simplement accepter” le harcèlement d’Ussery, ajoutant que “c’est le patron.”  La femme en question indiqua qu’elle se sentait non seulement menacée pour sa propre sécurité mais qu’il menaçait sa position au sein de l’organisation.

En y ajoutant le jeu de l’aveugle proposé par Pittman sur les actions de son boss ou les violences conjugales de Sneed avec des témoignages à vous glacer le sang, les Mavs se retrouvent dès maintenant dans une situation aussi inédite que troublante. Car si la franchise a évidemment publié un communiqué calmant les choses concernant cette triste affaire, Mark Cuban, en premier lieu, se retrouve dans la tourmente et la NBA est également dans le viseur de nombreux observateurs. Après le dossier Donald Sterling qui avait suffisamment secoué la Ligue et imposé à Silver de prendre des mesures drastiques, le patron se retrouve face à un nouveau chantier de grande taille et les conséquences pourraient être puissantes. Qu’en est-il de Cuban, qui affirme avoir pris connaissance de ces actions en même temps que les autres ? Propriétaire ultra-méticuleux et au courant de tout ce qui se passe chez les Mavs depuis l’an 2000, Mark fait grincer forcément des dents en haussant les épaules comme les sourcils et ce dernier tente déjà de nettoyer la devanture à Dallas avant que la NBA rapplique. Qu’en sera-t-il des investigations réalisées et punitions opérées ? Puis l’image des Mavs en tant que franchise, ou de la Ligue dans ses pas sociaux faits vers l’avant depuis plusieurs années ? Chaque chose en son temps, mais il est clair qu’à Dallas le futur proche semble plus sombre que jamais.

Déterminée à être sévère sur toute affaire ou acteur affectant son image, la NBA a montré une main de fer ces dernières années et se trouve aujourd’hui dans un sacré pétrin. Car vivre en harmonie et avec le sourire tout en découvrant quelques années plus tard qu’au même moment les coulisses étaient en fait dégueulasses, voilà la réalité que la Ligue et les Mavs vont devoir affronter. Tendu, tendu.

Source texte : Sports Illustrated

10 Commentaires

10 Comments

  1. Kevin D

    21 février 2018 à 12 h 47 min at 12 h 47 min

    Mark Cuban…

    he’s a idiot.

  2. Féminazi

    21 février 2018 à 14 h 32 min at 14 h 32 min

    Pas étonnant finalement. Pas que ce soit spécifiquement à Dallas, c’est partout comme ça.

    Et franchement, à Trashtalk, à tout le temps parler de tailles de bourses, de poser les couilles sur la table etc, vous ne faites que renforcer cette culture sexiste dans le sport. Parce que le trashtalking ça le fait, mais quand c’est raciste ou sexiste c’est de la merde.

    • Emile G

      21 février 2018 à 20 h 34 min at 20 h 34 min

      Allez, les deux pieds dans l’amalgame ! Navrant…

      • Zac Larnak

        22 février 2018 à 4 h 07 min at 4 h 07 min

        Désolé d’être direct mais c’est bien toi qui passe pour un con pour le coup, et qui a donc par extension perdu une belle occasion de ne rien écrire. Amour sur toi

    • Bastien Fontanieu

      22 février 2018 à 7 h 58 min at 7 h 58 min

      Ah, tu veux dire quand on remercies à chaque fois notre communauté en parlant de lecteurs et de lectrices ? Ou quand on interroge « celles et ceux » qui ont un avis sur un sujet ? :)
      Je vois ce que tu veux dire avec ces images qu’on met souvent en avant, et je comprends ce que cela dépeint par conséquence. Mais ne mélangeons pas tout, je crois : si on disait qu’un joueur a « de la chatte » ou que c’est « une fillette », cela se saurait et serait effacé sur le champ. On fait extrêmement attention à l’image véhiculée et à cette culture sexiste qui prédomine, maintenant les métaphores utilisées et que tu mentionnes concernent… les joueurs. Donc de NBA, donc des hommes. D’où les images liées à la masculinité.

      • MAÏTÉ AKA FalD

        22 février 2018 à 8 h 48 min at 8 h 48 min

        Malheureusement nous vivons dans une société sexiste et raciste , mais trashtalk ne peut rien faire à cela.Tu essaye de dire que trashtalk glorifié les message haineux que certain joueur véhicule avec le trashlaking,mais trashtalk n’influance pas ici la haine envers les femme ni le niquage de maman intensif, trashtalk acclamé la beauté de la rivalité dans le sport car après tous c’est grâce à la rivalité que le sport éxiste,c’est même tous l’inverse car trashtalk sont les premiers pour pointer du doigt ces comportements inacceptables qui ont mieux en NBA.

      • MAÏTÉ AKA FalD

        22 février 2018 à 21 h 54 min at 21 h 54 min

        Ce qu’il dit est tellement ridicule , j’ai envie de croire à un fake (notamment avec un tel pseudo)

  3. Féminazi

    22 février 2018 à 4 h 00 min at 4 h 00 min

    Oui navrant oui… parce que le sexisme, le patriarcat, c’est juste des garçons qui harcèlent des filles hein, rien d’autre…

    (et que parler à longueur de temps de couilles, bourses, tailles de bite, c’est golri hihi)

  4. Féminazi

    23 février 2018 à 22 h 00 min at 22 h 00 min

    @ Bastien : je sais bien que c’est pas le truc qui ressort le plus chez vous ! Certains commentaires sur l’affaire aux Mavs étaient littéralement à vomir (sur BUSA par exemple). Je disais juste que certaines de vos métaphores renforcent l’image du truc de bonhomme fort et viril. Voilà. Je sais que la NBA c’est des mecs, ça se voit plutôt bien 😉

    Et malheureusement, je pense qu’il n’y a rien d’étonnant à ce qui s’est passé chez les Mavs (et que Cuban sait très bien, ptêtre même Nowitzki). La NBA c’est avant tout du spectacle avec effet d’annonces, c’est un problème de fond. (ah et j’aime bien le basket hein je précise !)

    @ MAÏTÉ AKA FalD : go to sleep, you’re free and brave and on the winning team.

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