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Les accessoires et le Dunk Contest : une véritable histoire d’amour, parfois géniale mais aussi forcée

Dunk Contest
Source image : DailyMotion

Avant le Dunk Contest de ce soir qu’on espère légendaire, il est important de regarder en arrière et faire le point sur un aspect aussi moderne que controversé en NBA : la présence des accessoires en plein concours, avec de tout et du n’importe quoi.

Le débat a fait rage ces dernières années chez les fans. Toujours aussi rassemblés autour du SDC, les observateurs – petits comme grands – ont pris position sur cet détail de jeu qui n’en est en fait plus un. Les accessoires ? Tout à fait. Initialement, le Dunk Contest était un événement qui imposait une originalité aérienne, et aérienne uniquement. Un short, un maillot, une paire de pompes, quelques juges et vamos. On devait créer avec un ballon en main, point barre. Pas d’ajout, pas de scénarisation, rien de tout ça. Un côté très « pur » qui donnait un charme incroyable à la soirée, sauf qu’elle commençait à gentiment s’essouffler par répétition des mêmes oeuvres. Une fois qu’on a tapé un 180, un 360, un 540 et même un 720, difficile de demander à un être humain de claquer un 1080 dans les airs. D’où l’arrivée des accessoires, ou props comme on dit là-bas. Le précurseur ? Impossible de donner un seul nom, même s’il est clair que le bandeau noir placé sur les yeux de Cedric Ceballos en 1992 avait quelque chose de novateur. En fait, il faudrait remonter à Terence Stansbury en 1986 pour tenter de trouver un homme ayant ajouté du neuf au programme, le roi du 360 décidant de sauter par dessus une personne assise sur une chaise. Dans le même concours, ce bon Gerald Wilkins avait fait le même dunk, mais sans qu’un intrus tape la pause le cul posé sur le meuble. Une mini-révolution ? C’est peu dire si ce fût le cas.

Car derrière, la NBA n’a fait que monter en température, et le Dunk Contest n’a fait qu’ajouter des touches originales via ses participants. Du bien ? Il y en a eu, et pas qu’un peu. Les Reebok Pump de Dee Brown gonflées juste avant de monter jusqu’au ciel. Josh Smith qui enlève son maillot pour dévoiler celui de Dominique Wilkins et lui rendre hommage grâce à un moulin dévastateur. Aaron Gordon, s’asseyant littéralement dans les airs après avoir demandé à la mascotte d’Orlando de tenir la gonfle au-dessus de sa tête. Nate Robinson qui escalade Spud Webb pour définitivement placer les petits dans la cour des grands. Oui, les défenseurs des accessoires peuvent sortir plusieurs exemples de grands moments, qui ont marqué le concours. Il y a eu de l’originalité, et il y en aura encore. Mais ces dernières années, le délire a été poussé tellement loin qu’on s’est finalement retrouvé dans une sorte de course au what the fuck, chacun essayant de se différencier en s’aventurant dans des voies sombres. Bien tenté… mais mal exécuté.

La cabine téléphonique de Dwight Howard, le drone d’Aaron Gordon, la bagnole de Blake Griffin avec un gospel qui chante, la couronne de Ben McLemore, et encore on préfère s’arrêter là car la liste est trop longue. La pensée a dépassé le geste, la performance athlétique, ce qui a du coup créé une véritable frustration chez les fans. Sans parler du fait que tous ces préparatifs étaient parfois – voire souvent – ponctués de plusieurs essais suite à des dunks loupés. Faire monter la hype pour ensuite se chier dessus ? Mauvais délire. C’est d’ailleurs en cela que le Contest de 2016 avait quelque chose de rare et d’appréciable, dans son duel entre Aaron Gordon et Zach LaVine. Si le premier utilisait sa mascotte avec intelligence, on restait sur de la perf athlétique incroyable, limitant le souvenir d’une bête verte et poilue en plein milieu de la photo. Face à lui ? Un LaVine roi de l’ancienne école, préférant dunker de la ligne des lancers francs avec finition moulin à vent, plutôt que de ramener le Cirque du Soleil et se faire applaudir. L’an passé, le souvenir encore triste a marqué de nombreux fans, qui auraient espéré passer plus de temps à halluciner devant les ralentis plutôt qu’à bailler devant les mises en places. Ce soir, les quatre participants arriveront avec leur lot d’idées, de créativité, d’originalité, avec ou sans accessoires.

Bien utilisés, les accessoires peuvent sublimer un Dunk Contest. Mais hélas, ils ont récemment davantage pourri l’ambiance que redonné du jus dans ce concours de légende. En espérant être gâtés cette nuit, car comme observé à Toronto il y a deux ans, peu de choses sont plus excitantes qu’un immense SDC. Messieurs, c’est à vous.

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