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Steve Kerr a laissé ses joueurs coacher les Warriors face aux Suns : la saison régulière, c’est de l’eau

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Source image : NBA League Pass

Dans la large victoire des Warriors cette nuit face aux Suns, Steve Kerr a utilisé une technique qu’on peut décrire de différente façon, remarquable pour certains ou irrespectueuse pour d’autres : le coach des Dubs a laissé ses joueurs dicter la soirée.

Voilà ce qui se passe quand tu roules sur la concurrence. Et que c’est le cas depuis trois ans, avec les mêmes joueurs, dans quasiment le même groupe, sous les mêmes ordres. Un des challenges les plus difficiles, lorsqu’on est sur plus de 80% de victoires depuis 2015 ? Garder ses joueurs concentrés, appliqués au quotidien, afin qu’ils ne deviennent pas blasés par la longue saison régulière et enlèvent leur pied de la pédale d’accélération. Ainsi, contre une équipe de Phoenix malheureusement pas assez talentueuse pour rivaliser avec l’ogre de la Baie, Kerr s’est dit qu’il fallait improviser. Qu’au lieu de rester sur la routine habituelle, il devait innover et sortir une technique de vieux roublard. L’entraîneur des Warriors a donc donné son stylo et sa plaquette aux joueurs, en leur indiquant de se débrouiller dès à présent. Un je-m’en-fouttisme total ? Pas vraiment. Plutôt une responsabilisation de ses joueurs et une méthode intelligente pour varier les plaisirs du quotidien, sachant que Steve avait un mauvais ressenti de ces dernières semaines. Lassé par sa voix, lassé par l’enchaînement des matchs et le manque de peps de ses joueurs face à certaines rencontres, le multiple-champion s’est exprimé sur ce qui s’est passé cette nuit en pointant du doigt le fait qu’il n’était plus trop en lien avec son groupe.

Il faut que j’entraîne mon équipe. Je l’ai dit à Jay (Triano, coach des Suns) après le match, les gens vont peut-être en faire tout un foin. Mais cela n’avait rien de volontairement irrespectueux. Cela avait uniquement à voir avec le fait de me connecter avec mon groupe. Ce qui n’a pas été le cas ce dernier mois. Ils en ont marre de ma voix, et j’en ai marre de la mienne. Cela fait beaucoup, depuis trois ans. Je n’arrivais pas à me connecter avec eux, et on pensait que c’était le bon soir pour tenter un coup de poker et essayer quelque chose de différent. Je trouve que les joueurs ont répondu très positivement. Je crois simplement que lorsque nous sommes concentrés nous sommes très durs à battre, et ce soir c’était le cas. Le fait de devoir compter sur chacun et ne pas dépendre de ma voix, actuellement ils peuvent être soûlés par ma voix. Ils avaient besoin d’en entendre une nouvelle.

Culot mais pertinence dans le geste, la méthode Steve Kerr par définition. Comme le souligne l’intéressé, il y aura forcément des avis mitigés sur la technique, mais ce n’est pas la première fois que l’on voit ça. Le très généralement adoubé Gregg Popovich avait lui aussi, par le passé, laissé ses vétérans prendre la plaquette pour diriger certains temps-morts. Ce qui n’a rien de volontairement irrespectueux, il s’agit simplement d’offrir aux joueurs directement concernés la possibilité de décider la suite des opérations. Quand on est en costard sur le banc, on peut avoir la meilleure analyse possible et savoir sur quels boutons appuyer, mais rien ne remplace le vécu sur le parquet. C’est aussi le type d’initiative qu’il faut tenter lorsqu’on est sur un rythme aussi effréné que celui des Warriors. On parle quand même d’une troupe qui, avec ou sans Kevin Durant, tape quasiment 70 victoires de moyenne par saison régulière et lâche 3 à 4 matchs de Playoffs grand max. Quand on se retrouve face à des gros comme le Thunder, il faut se reconcentrer et offrir un meilleur effort, mais si les promenades face aux Suns peuvent être utilisées comme des temps de repos et d’improvisation, why not ?

Malin comme tout, Steve Kerr sait que ses joueurs commencent à tirer la langue à l’approche du All-Star Break, et la saison sera longue pour Golden State. Un peu d’impro et de culot, si en plus ça se termine avec quasiment 50 points d’écart (129-83), qui est contre ?

Source : The Athletic


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