One-on-One

Dwyane Wade, ce genre de futur Hall of Famer qui a souvent su s’ajuster au fil des années

Dwyane Wade

À 36 balais, Flash n’est peut-être plus aussi rapide, mais il est toujours aussi intelligent.

Source : NBA League Pass

Dwyane Wade fête son anniversaire en ce 17 janvier béni, c’est donc l’occasion pour nous de revenir sur l’évolution d’une carrière déjà bien longue. De ses années en tant que franchise player dans le Wade County, en passant par sa pige bancale à Chicago jusqu’au joker de luxe qu’il est aujourd’hui à Cleveland, D-Wade a toujours trouvé le moyen de contribuer et s’adapter.

Elle est peut-être loin, l’époque où Flash squattait les Top 10 à coups de dunks rageurs et de buzzer beaters en pagaille, mais il n’empêche qu’encore aujourd’hui, l’arrière de Cleveland sait comment contribuer au succès d’une équipe NBA. Qui plus est une équipe de haut de tableau. Les exemples contraires sont pourtant légion : un joueur qui a marché sur la concurrence pendant tant d’années a souvent du mal à accepter son inévitable déclin, et il est fréquent de voir d’anciennes superstars ne jamais s’épanouir dans un rôle autre que celui de go-to-guy. Ce n’est pas le cas de Flash, qui fête son anniversaire aujourd’hui, et qui continue d’apporter aux Cavs dans un tout nouveau style, malgré des résultats collectifs plus que mitigés. Du coup, on se penche sur la capacité d’adaptation de l’un des meilleurs arrières de l’histoire.

Être capable de tirer un trait sur le statut de patron de sa propre franchise, celle à qui il a offert le premier titre de son histoire, le tout dans l’optique de gagner plus de titres – mais moins de gloire personnelle -, c’est fort. Parce que D-Wade était encore à son top quand LeBron James a débarqué à Miami en 2010, et que, comme en attestent ses Finales NBA de 2011, il avait encore largement le niveau pour porter la cape de franchise player. C’est à la limite si on peut se demander comment le Heat aurait gagné le moindre match face à Dallas sans ce Wade étincelant, vu la méforme de LeBron dans cette série épique. Conséquence de cette déconvenue en finale, Wade a finalement réfléchi, compris, capté ce qu’il fallait faire et a filé les clés du camion à LeBron, en se contentant d’un rôle de bras-droit ultime. Paye ton bras droit, le mec était l’un des deux meilleurs arrières de la Ligue à ce moment précis. Que du bonheur pour le Heat.

Le bonhomme a donc su abandonner son rôle de mâle alpha pour former un trio de légende avec Bosh et BronBron, et glaner quelques bagues supplémentaires du côté de Sud Plage. Certains diront que c’est de l’opportunisme, d’autre que c’était de la facilité ; en tout cas c’était couillu et surtout très intelligent. Le problème, c’est que par la suite Wade a décliné un poil plus vite que son coéquipier cyborg, et qu’il a vu ses responsabilités décroître, au même titre que son statut d’indéboulonnable dans sa franchise de toujours. Son divorce à Miami et son passage à Chicago sont peut-être l’exception qui confirme la règle, mais il y a des circonstances atténuantes. Il n’a pas su faire ni les efforts, ni les concessions nécessaires pour réussir dans sa ville natale. Au fur et à mesure que la saison avançait, il paraissait évident pour de nombreux observateurs qu’un rôle de sixième homme lui conviendrait mieux, mais il n’a pas franchement montré d’enthousiasme lorsque la question était abordée. Et comme c’est pas Fred Hoiberg et son autorité légendaire qui allait avoir le courage de le foutre sur le banc, il ne s’est rien passé de ce point de vue là. Le vestiaire s’est divisé, Wade étant largement pointé du doigt par ses jeunes coéquipiers. Very bad trip.

Mais le bordel ambiant à Chicago ne lui a certainement pas donné envie de s’investir plus que ça et de faire de tels sacrifices, qui de toutes façons n’auraient pas changé grand chose au plafond limité de cette équipe. On voit bien aujourd’hui que dans une équipe qui vise le titre, il a été capable de les prendre, ces décisions. Débarquement à Cleveland pour retrouver son buddy au numéro 23, Dwyane a su s’adapter en proposant lui-même à son coach de le mettre sur le banc. Symbole d’intelligence et d’humilité, Wade confirme à nouveau ce que l’on savait déjà de lui : plus qu’un athlète extraordinaire ou qu’un ego surdimensionné, c’est avant tout un leader capable de prendre les bonnes décisions, même lorsqu’elles ne lui sont pas favorables, du moment que celles-ci bénéficient à l’équipe. Et nul doute qu’il saura se rendre utile lorsque cela va compter, en Playoffs.

Dwyane Wade, c’est un gagneur comme on en fait rarement, qui privilégie le collectif aux ambitions personnelles lorsqu’il le faut. Parfois coquin, parfois stratège, il semblerait surtout que le temps ne fasse que témoigner davantage de son immense QI basket. Vu sa saison et son nouvel ajustement, on ne peut qu’applaudir la bête.

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