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Le système signé Erik Spoelstra pour la victoire : retour sur une mise à mort parfaitement exécutée

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Source image : NBA League Pass

Dans la victoire du Heat cette nuit au finish, la dernière séquence offensive de Miami a été un petit chef d’oeuvre d’exécution et de compréhension. Retour sur la spéciale du coach Erik Spoelstra, qui nous avait déjà sorti celle-ci par le passé.

Alors comme ça, Josh Richardson a des airs de LeBron ? Les fans du Heat ont forcément souri, en voyant ce système se dérouler sous leurs yeux pour la gagne. Car il y avait un air de déjà vu. Et pour cause, LBJ s’était souvent régalé en voyant Spoelstra bazarder les défenses adverses avec des stratégies de fin de match prenant le camp d’en face par surprise. Ce dimanche, ce fût la même. Pour commencer, remettons le contexte en place. Avec un point de retard et un rebond défensif des plus précieux, le Heat part à l’attaque et aucun temps-mort n’est pris. Voyant le chrono défiler et aucune bonne situation se dérouler, Erik demande alors à l’arbitre de lui filer son dernier meet-up avec ses joueurs, histoire de mettre en place quelque chose de sérieux. Les joueurs de retour sur le terrain, il n’y a que 7,8 secondes pour crucifier le Jazz et repartir avec la victoire. Ci-dessous, nous allons donc revenir point par point sur ce qui fait de cette dernière action un bel exemple d’analyse de l’adversaire, l’utilisation de chaque joueur et le mindset derrière la finition.

  • Deux écrans pour pas cher, deux écrans pour pas cher !

Présents en tête de raquette, Kelly Olynyk et Wayne Ellington restent immobiles. La raison ? Simple. Comme on peut le voir avec Tyler Johnson et Josh Richardson, il va y avoir du mouvement en pénétration, et de solides écrans sont toujours efficaces pour mettre la zizanie dans la défense adverse. Le travail initial est donc bateau : Dragic doit garder la balle le plus longtemps possible sur remise en jeu, Johnson et Richardson doivent couper dans la raquette, et la suite c’est surprise pour tout le monde. On notera que tout le monde est faceguarding son attaquant, personne ne joue le rôle de tour de contrôle capable de déjouer les plans adverses côté Utah.

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  • « Comment utiliser un sniper comme appât pour les nuls »

On vous la fait courte. Qui est le 5ème joueur le plus prolifique à trois-points cette saison ? Monsieur Wayne Ellington. Qui en a planté déjà 3 à ce moment précis du match, et va jouer un rôle crucial dès le début de l’action. Posant un écran musclé sur Donovan Mitchell afin de créer de l’espace pour Josh Richardson (comme vu ci-dessous), l’ailier va immédiatement se diriger vers le corner du coin fort. L’objectif ? Ramener Joe Ingles avec lui, l’ailier du Jazz ne pouvant laisser un tel sniper isolé derrière l’arc avec la possibilité de remporter le match. Mais mieux encore, cette décision prise par Spoelstra va surtout créer un potentiel espace de pénétration qui va détruire les espoirs de Utah. En calant un premier shooteur dans un corner, l’entraîneur du Heat décide de « sacrifier » un joueur puisqu’il va simplement lui demander de faire son travail d’appât. Pendant ce temps-là, on remarque que Tyler Johnson se déplace lui aussi, mais vers le corner du coin opposé.

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  • Back-screen, le cadeau maison réservé au rookie

Déjà bien malmené pendant la rencontre sur pick and roll, Donovan Mitchell réalise peut-être un match impressionnant mais il doit hélas faire face à son statut de jeune bleu. En défense sur Josh Richardson, le rookie s’est déjà pris un tampon par Wayne Ellington quelques millisecondes plus tôt, mais il va cette fois avoir droit à un Kelly Olynyk XXL posé dans son dos. L’intérieur du Heat est prêt, il a suivi sa consigne à la perfection. En voyant Richardson couper sous le panier puis changer subitement de direction sur son cut, Olynyk se met alors en place pour poser l’écran qui va définitivement libérer son arrière en tête de raquette. Pendant ce temps-là ? Les shooteurs se pressent de se rendre à leur spot : Ellington dans le corner droit, Johnson dans le corner gauche. On voit déjà le futur espace se créer, c’est à Dragic de patienter encore un chouia avant de lâcher la gonfle.

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  • Alerte pour le Jazz, ça sent le roussi pour Favors

Si on vous encadre le zbeul dans la raquette ci-dessous, ce n’est pas pour n’importe quelle raison. Olynyk le sait mieux que quiconque, en toute fin de rencontre les arbitres « avalent » leur sifflet en NBA. Personne ne va briser la dramaturgie de cette soirée en sifflant un écran illégal, c’est donc avec vigueur que Kelly rend la vie de Donovan Mitchell misérable. Preuve étant, le rookie vient de se faire passer dans son dos par le cut inversé de Josh Richardson et Olynyk le tamponne avec un écran des plus lourds, Derrick Favors signale donc à son jeune coéquipier qu’il a plutôt intérêt à se bouger le cul. Main levée, l’intérieur a beau prévenir Mitchell, le plus dur est déjà fait côté Miami. Richardson est ouvert, Johnson et Ellington ont disparu de la circulation, Dragic peut enfin lâcher sa balle pour remettre celle-ci dans les mains de son arrière. Vous vous souvenez des mouvements ci-dessus réalisés par les ailiers ? Regardez les espaces de pénétrations disponibles. Bingo.

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  • Catch me if you can, le nouveau single de Josh Richardson

En obtenant la balle en tête de raquette, Josh Richardson peut tout à fait armer à distance, mais est-ce vraiment ce qu’il y a de plus intelligent à faire ? Kelly Olynyk ayant broyé Donovan Mitchell, c’est un véritable un-contre-un qui se met en place entre l’arrière et Derrick Favors. Malheureusement, ce dernier n’est pas du tout en position sur ses appuis ni dans la forme physique de ses premières années pour tenir les pénétrations des meilleurs dragsters de la Ligue, et ça Erik Spoelstra le sait parfaitement bien. C’est donc un premier pas dense que Richardson doit poser, pour foncer jusqu’au panier et prendre de vitesse le pauvre Favors seul sur une île déserte. Tout ce qu’il reste à voir, c’est si Thabo Sefolosha va venir en aide, et si Josh peut finir son action avec le bon geste. Heureusement pour le Heat, tout se déroule à merveille et le public retient son souffle.

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  • La patience des extérieurs, parfaitement récompensée

Le crédit a beau revenir à Josh Richardson pour son lay-up de la victoire, tout ceci ne peut avoir lieu sans le travail de ses coéquipiers. C’est donc une application des plus rigoureuses qui est respectée par un trio en or sur cette action. Le premier, c’est évidemment Wayne Ellington dont on a parlé initialement, et qui plante sa tente dans le corner sans foirer le système. En ayant ramené Joe Ingles chez lui, le sniper est au top. Le second, c’est Tyler Johnson qui lui aussi respecte le plan en se posant dans le corner opposé. Pas de Rodney Hood pour faire chier avec ses longs bras, pas d’aide possible. Et le troisième, c’est ce bon Goran Dragic, dont le rôle semble ingrat ci-dessous mais est pourtant au centre de la réussite du système. Qui est sur le Slovène ? Thabo Sefolosha, soit le défenseur ultime du Jazz. Alors qu’on aurait pu croire à une séquence pour la gagne décidée en sa faveur, Goran garde la main sur le frein et garde par conséquent le défenseur suisse collé sur lui. Un poil de précipitation, et Dragic aurait poussé Thabo à venir en aide. Malheureusement pour ce dernier, il ne peut laisser le vétéran seul et voit son pauvre Favors se faire avoir sur le drive. Ball game.

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Comment tuer une équipe en quelques secondes ? C’est tout simple. Enfin, pas si simple que cela, sauf si on s’appelle Erik Spoelstra. Profitant d’un scoring équilibré pour cacher ses armes, l’entraîneur du Heat sauve la baraque avec une impro dont il a le secret. Victoire au finish, on dit merci Spo.

3 Commentaires

3 Comments

  1. Sarrary

    8 janvier 2018 à 16 h 27 min at 16 h 27 min

    C’est génial des analyses comme ça vous devriez en faire plus souvent !

    • Zac Larnak

      10 janvier 2018 à 3 h 13 min at 3 h 13 min

      Grave, c’est vraiment pertinent et bien qu’assez technique mine de rien ça se comprend très bien. On y va en courant haha 😉

  2. bachbosh

    8 janvier 2018 à 16 h 41 min at 16 h 41 min

    On peut etre sur que Lebron n’etait pas le coach du Heat. Sacré Spo!!!

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