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“À la vitesse de la lumière”, le livre so Suns so clean : entretien avec un traducteur ensoleillé

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Source image : @SunsFR

Les vidéos, c’est sympa. Mais les livres, c’est sympa aussi. Et quand on peut mettre en avant un bon bouquin traduit chez nous, on le fait avec amour. Tiens, en parlant d’amour justement, quelle équipe a pu en donner davantage balle en main que les Suns de Mike D’Antoni sur ces 10 dernières années ? Une question parmi tant d’autres, qui trouvera sa réponse dans “À la vitesse de la lumière“, sorti le 4 décembre chez Mareuil éditions.

Et les petits malins se rappelleront quelques doux souvenirs en voyant la couverture ci-dessus. Beh oui, on avait déjà zoomé sur un autre bouquin méticuleusement traduit par Lucas Saïdi, “Jordan, la loi du plus fort.” Jamais un sans deux ? Allez, pourquoi pas. Après un long voyage dans l’histoire des Bulls de Michael, c’est une épopée chez les Suns de “Mike D” qui fût au centre des activités récentes de ce traducteur passionné. Les choses sont bien faites dans la vie, il pourrait y avoir un lien avec le compte Twitter des Suns en France. Sauf que cette fois, ce n’est pas Sam Smith mais Jack McCallum qui a été consulté, pour son “07 Seconds or Less” sorti en 2006. Aujourd’hui à la tête d’un fabuleux orchestre à Houston, D’Antoni faisait ses gammes dans l’Arizona et préparait sa révolution, seul dans son coin. Comprendre ce génie offensif aujourd’hui adulé ? Cela passe par ces 400 pages intégralement écrites en français. Mettez vos ceintures, rembarrez les keufs, on fonce checker Lucas pour un petit teaser de ce qui vous attendra si le cactus vous en dit.

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Comment compares-tu le premier boulot effectué sur Jordan et celui-ci réalisé sur les Suns ? 

Le fait que ce soit plus proche dans le temps et que je connaisse bien le sujet, ça m’a pris beaucoup moins de temps. Pour rechercher les images aussi, c’était plus facile, sans parler du contexte historique ou des personnalités politiques. J’ai eu moins de recherches à faire car il y avait beaucoup de choses déjà vues.

Fire bullets, trois questions rapides : combien de mois ça t’a pris au total pour traduire ce livre ?

Quatre mois pour la traduction, un gros travail de relecture derrière, avec les révisions tu peux rajouter un bon mois au total, ouais.

Combien de pages ?

La version originale fait 300 pages, la version française 500. Mais au-delà de la mise en page, la langue française utilise un tiers de caractères en plus en général.

Combien de larmes ?

Beaucoup trop (rires). Il y a eu des passages qu’on partageait entre membres de Suns_FR, et c’était forcément émouvant en se rappelant de cette époque-là. On était là, les larmes aux yeux en les lisant. Certains morceaux sont vraiment très émouvants.

D’ailleurs, comment t’es devenu fan des Suns ? 

En fait, je suis devenu fan des Suns à cette époque-là, justement. Pour l’anecdote, quand je jouais sur NBA Live je prenais Phoenix car je trouvais leur maillot mortel. Et vu qu’au même moment les résultats ont progressé dans la réalité, je me suis beaucoup rapproché de cette franchise.

Le titre du bouquin est “A la vitesse de la lumière” en France mais “07 Seconds or Less” en original. Pour les non-initiés, comment tu pitcherais cette philosophie signée Mike D’Antoni ?

C’est une équipe qui était très en avance sur son temps. La NBA d’aujourd’hui s’en inspire énormément et Steve Kerr en particulier. Disons que l’objectif de cette attaque est de jouer rapidement, car tu obtiens les meilleures situations de shoot quand tu joues vite. Plus tu joues vite, plus t’as d’espaces dans la défense, plus t’as de place pour prendre des tirs. Au début, tout le monde a dit que ça marcherait pas car dans les années 80, les équipes qui avaient testé se prenaient des valises de points. Sauf que quand D’Antoni arrive ça cartonne, les Suns ont le meilleur bilan de la Ligue, D’Antoni coach de l’année, Nash MVP et c’est là qu’on a commencé à les prendre plus sérieusement. Et maintenant, ce style de jeu est devenu universel. Y’a encore quelques réfractaires, mais en réfléchissant en points par possession plutôt qu’en points marqués, ça a beaucoup changé la vision globale de cette philosophie.

On voit justement Houston se balader aujourd’hui dans un modèle similaire, ça doit te faire bizarre de voir ça en ayant vécu les Suns sous D’Antoni, non ? Comment vois-tu cette transition ?

Disons que cette équipe des Suns, c’est un point de départ dans la progression de D’Antoni et de son attaque. Les Rockets sont une version plus aboutie de ce qu’il a tenté à l’époque, la philosophie est la même mais les joueurs sont plus adaptés au système et à la NBA actuelle. En fait, on peut voir dans ce livre une explication de pourquoi ça marche à Houston aujourd’hui. On comprend les problématiques de la NBA de l’époque, et ce que les Rockets représentent de nos jours.

Allez, sors-nous une anecdote croustillante : un passage ou un axe du bouquin que t’apprécies tout particulièrement ?

Les personnages, clairement. Eddie House, qui jure tout le temps comme un camionneur. Boris Diaw, qu’on comprend beaucoup plus grâce ce livre d’ailleurs. Y’a un épisode énorme du bouquin où Amar’e Stoudemire revient de blessure, il est bien physiquement, et le staff lui dit qu’il doit jouer Boris en un-contre-un à la fin de l’entraînement. C’est la première vraie saison de Diaw à Phoenix. Et à la même époque, Stoudemire est limite l’intérieur le plus dangereux offensivement de toute la NBA. Mais Boris le détruit. Les petits hooks main gauche, les ballons liftés contre la planche, la totale. Et le staff est content du boulot fait par Amar’e, mais House leur dit “nan mais attendez, il s’est fait tuer par Diaw de A à Z.” Et D’Antoni le dit d’ailleurs à Boris, il aime bien ce qu’il fait mais il n’est pas assez ambitieux. S’il se donnait les moyens, ce serait le meilleur joueur du monde. Pour comprendre mieux Diaw, y’a beaucoup de choses dans ce livre.

Et la suite, c’est quoi niveau livres ? T’as des plans en tête ?

C’est une bonne question. J’ai fait plusieurs propositions, sur des sujets différents comme le basket de manière théorique ou sociologique, après l’éditeur choisira. On verra.

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Jordan, la loi du plus fort, traduction de Lucas Saïdi, Mareuil éditions

Pour les fans des Suns, c’est quasi-immanquable. Pour les fans des Rockets d’aujourd’hui ? Aussi. Et pour les simples passionnés comme nous qui adorent dévaler des pages au coin du feu (on n’a pas de cheminée, mais on se comprend), vous savez désormais quoi commander pour Nowel.

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