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Les ajustements offensifs de Quin Snyder : un modèle d’adaptation et une petite révolution pour le Jazz

Donovan Mitchell

De la meilleure défense de la Ligue à l’une des meilleures attaques ? Le coach d’Utah est en train de réussir son pari.

Source image : NBA League Pass

En NBA, il y a les entraîneurs qui font polémique et dont on se demande parfois ce qu’ils font sur un banc, mais il y a aussi ceux qui font l’unanimité. Heureusement, il y en a quelques-uns. Parmi eux ? Un certain Quin Snyder, qui ne cesse de se réinventer pour s’adapter au mieux aux nouvelles exigences de la Ligue en transformant le visage offensif du Jazz par exemple.

En apprenant le départ de Gordon Hayward à Boston cet été, on s’inquiétait un peu pour Utah qui venait de perdre son leader mais aussi son – seul ? – véritable danger offensif. Entre la blessure de Dante Exum, l’arrivée de Ricky Rubio et la transmission de leadership à Rudy Gobert, les fans se demandaient un peu ce qu’il allait advenir de la 28ème attaque de NBA avec à peine 100,7 points de moyenne lors de cette nouvelle saison. Mais après quelques semaines d’expérimentation, Quin Snyder semble avoir trouvé la formule magique pour ne pas devenir le cancre dans la moitié de terrain adverse. Grâce à quelques ajustements simples ou osés, le quinqua est parvenu à transformer le Jazz en une très bonne attaque. Car si les chiffres sont en hausse avec 103,3 points marqués chaque soir depuis le début de la saison (20ème de la Ligue), les derniers résultats sont extrêmement encourageants et démontrent une réelle évolution. Un changement d’identité nécessaire à une époque où le jeu n’a jamais été aussi rapide et où l’attaque prime bien souvent sur la défense.

Pourtant, les mormons partaient de loin. Connu pour sa défense et ses valeurs de solidarité de ce côté du parquet, Quin Snyder avait moins de garanties en attaque. Depuis son arrivée à la tête du Jazz en 2014, Utah est même devenu un exemple à suivre en termes de protection d’arceau, notamment grâce à l’explosion de Rudy Gobert. Mais pour exister en NBA, il faut aussi être capable d’atteindre régulièrement les 110 points en 48 minutes pour pouvoir au moins viser un score à trois chiffres lorsque les Playoffs arrivent. Or, à l’image du Frenchie, ce n’était pas la force première de cette équipe basée à Salt Lake City. Et si notre Tour Eiffel nationale a fait des efforts en attaque depuis le milieu de la saison dernière avec une pointe à 35 points contre les Knicks en mars, ce n’est pas sur lui qu’il faudra compter pour poser ses 22 voire 25 points de moyenne tous les soirs comme un DeMarcus Cousins à New Orleans par exemple. Afin de ne pas être pénalisé et pour pouvoir pérenniser son équipe dans le top 8 de sa Conférence synonyme de Playoffs, Quin Snyder a donc dû avoir recours à quelques stratagèmes qui se sont avérés payants depuis trois semaines.

Quand on pense à l’attaque des Jazzmen, le rookie Donovan Mitchell nous vient tout de suite en tête. Sélectionné en treizième position de la dernière Draft, le produit de Louisville ne se pose pas des milliers de questions avant de tirer et est tout simplement le joueur qui prend le plus sa chance dans l’effectif (15 tentatives par match). Il a quasiment carte blanche dans ce rôle de sniper qui faisait tant défaut à Utah l’année dernière. Il a d’ailleurs intégré le cinq majeur depuis un mois pour proposer cette menace offensive sur les lignes arrière que ne peut pas assurer Ricky Rubio. Avec ce move, Rodney Hood a donc été prié de sortir du banc pour punir les second unit adverses. Un choix osé qui porte ses fruits aujourd’hui puisque l’homme à capuche et le rookie sont tous simplement les deux meilleurs scoreurs du Jazz avec 17,7 et 17,2 points de moyenne. Depuis ce changement de starting line-up, Utah a dépassé les 100 points à dix reprises en 13 matchs. La barre des 110 points a même été franchie sept fois sur cette même durée. A titre de comparaison, les hommes de Quin Snyder n’ont atteint ce plateau qu’à 15 reprises la saison dernière (hors prolongations). Dans la raquette, Derrick Favors a également été responsabilisé en l’absence de Rudy Gobert. L’intérieur n’est pas un stretch-four mais il est plus agressif et les ballons passent aussi davantage entre ses mains dans la peinture. Plus globalement, c’est la mentalité du groupe qui a évoluée par rapport à la saison dernière. Le Jazz prend cinq tirs de plus du parking par match avec une réussite plus élevée. Une évolution qui va dans le bon sens et qui a notamment permis à Utah de réaliser un match référence contre les Wizards en début de semaine (116-69). Un exemple à la fois défensivement, mais aussi offensivement qu’il faudra suivre tout le reste de la saison pour espérer faire partie des huit à l’Ouest.

Le Jazz est septième avec un bilan de 13 victoires pour 12 défaites. Une situation inespérée compte tenu du contexte (départ de Gordon Hayward et blessure de Rudy Gobert notamment). Il fallait donc souligner l’énorme travail de Quin Snyder pour lentement opérer la transition vers un jeu plus rapide et aussi beaucoup plus orienté vers le tir à trois points que par le passé. Le virage n’était pas facile à prendre, mais il semble que le Jazz ait réussi à s’adapter à cette tendance généralisée. Ça valait bien quelques applaudissements pour son chef d’orchestre.


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