Heat

Pat Riley et Dion Waiters, une histoire d’amour qui est née en un rencard entre les deux lascars

Miami Heat Pat Riley Dion Waiters
Source image : Montage YouTube

Dans un très bel article qu’on vous conseille de lire chez Sports Illustrated et qui raconte notamment le chemin parcouru par Dion Waiters, les débuts de sa relation avec Pat Riley sont détaillés avec une belle anecdote : deux compétiteurs qui se challengent H24.

Il y a quelque chose de l’ordre du fighting spirit, de l’Irlandais qui refuse de dire non, du coach qui veut prendre sous son aile un mal-aimé, afin de se venger sur le monde entier avec sa bête. Pat Riley, parmi plein d’autres choses, est tout ça à la fois. Un génie de la balle orange, un stratège comme on en fait un tous les 20 ans, et qui aime relever les défis. Avec les Knicks des années 90 ? L’homme gominé prendra les plus gros assholes de la Conférence Est et en fera une armée redoutable. Des John Starks perdus dans l’Oklahoma, devenus des légendes dans la ville qui ne dort jamais, des Anthony Mason à qui on ne donnait pas une chance, mis en avant sous les lumières du Madison Square Garden. Si le strass et les paillettes ont refait leur apparition avec le Heat du début des années 2010, Riley reste un homme qui adore plus que tout les underdogs. Ceux qu’on a laissé sur le bord de la route, parce qu’ils n’étaient pas comme les autres. Et Dion Waiters, oui, n’était pas comme les autres, depuis qu’il était gosse. Gun pointé sur son crâne dans les rues de Philly, cousins tués tour à tour dans une enfance rythmée par la violence, l’arrière a dû se construire dans la douleur et a dû coup développé une confiance irréelle en ses capacités. Tout ce que Pat pouvait espérer, en le croisant il y a un an dans le but de le signer au Heat. Histoire d’un duo qui s’est formé en tenant le regard le plus longtemps possible.

Dion Waiters était assis dans le bureau de Pat Riley l’été dernier, écoutant la légende de la NBA lui présenter les raisons pour lesquelles il devait signer au Miami Heat.

La majeure partie des dollars disponibles pendant cet incroyable été avait été dépensée, et après le départ de Dwyane Wade, Miami remplissait son effectif avec des baroudeurs qui acceptaient des deals d’un an. Waiters ne pensait pas devenir agent-libre, mais le Thunder s’était débarrassé de ses droits après le départ de Kevin Durant.

Riley avait toujours apprécié Waiters, lui disait qu’il aurait aimé l’avoir plus tôt dans sa carrière pour l’intégrer au système de Miami. Toujours aussi calme et serein, assis au milieu de toutes ses photos d’équipes avec lesquelles il avait gagné le titre, cheveux “collés vers l’arrière en mode Al Pacino”, Riley partageait à Dion sa vision du futur de Waiters à Miami et comment il intégrerait la culture locale. Puis, Pat avança un challenge auprès du joueur.

“Que vas-tu faire ? Que vas-tu faire, quand il ne restera que 4 minutes à jouer, et on a besoin que tu scores, et on a besoin que tu mènes cette équipe ?” demanda Riley.

“Je sais ce que je vais faire,” répondit Waiters immédiatement. “Je sais que je n’ai pas encore obtenu cette opportunité. Mais je suis né pour détruire.”

Riley rigola.

“J’adore.”

Un an plus tard, du buzzer-beater dans tous les sens et une folle deuxième partie de saison du Heat, les deux hommes se sont retrouvés au même bureau, pour discuter d’un nouveau deal. Et cette fois, en mentionnant bien qu’il serait question de confirmer, de continuer, de ne pas retomber dans les travers du passé, la junkfood et toute cette merde qui tentait Waiters depuis ses débuts dans le circuit de la balle orange. Doué, confiant, Dion s’était constamment permis des écarts. Pas pour mal air, mais juste pour tenter de vivre, après avoir surtout “survécu” dans le sud de Philly pendant son enfance. Sauf qu’en NBA, il n’est pas question de se laisser aller, d’engloutir des frites en se disant qu’on éliminera le tout demain à l’entraînement. Dans cette jungle immense, seuls les plus grands compétiteurs s’en sortent, et en ayant enfin trouvé celui qui pourrait le motiver, Waiters a changé de câble. L’animal est revenu, celui qui détruisait ses adversaires en Pensylvanie et rythmait les soirées des fans de Syracuse. Aujourd’hui, cheville douloureuse mais regard porté sur l’horizon, Dion sait qu’il est sur le bon chemin. En ayant paraphé un nouveau contrat lui permettant de rester quelques années de plus à Miami, l’arrière va pouvoir faire ce qu’il a toujours su faire : détruire.

Et autant dire que Pat Riley sera le premier à se frotter les mains, si dans tout ce bazar vécu par le Heat ces dernières années, le magicien repart avec une pépite à l’arrière. C’est à Dion Waiters de le confirmer.

Source : Sports Illustrated


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