One-on-One

C’est l’heure de dire au revoir à J.R. Smith le titulaire : hommage à trois immenses saisons chez les Cavs

J.R. Smith
Source image : Montage YouTube

En apprenant la nouvelle concernant les rotations futures de Tyronn Lue chez les Cavs, il fallait qu’on prenne un moment pour faire le deuil : J.R. Smith titulaire, c’est désormais de l’histoire ancienne. Et quelle histoire.

On en parlera, à tout le monde. Nos enfants, nos collègues, nos proches, ceux avec qui on a vécu ces trois folles années. Car même si Gérard n’est pas décédé ou n’a pas pris sa retraite, c’est tout de même une page qui se tourne. Une grande page. Dans l’Ohio, comme dans nos coeurs. La présentation du cinq majeur des Cavs ? C’était un classique de chez classique, que ce soit dans les handshakes comme dans les interactions avec Moondog la mascotte un peu WTF à Cleveland. Le départ de Kyrie Irving avait certes déjà modifié la façon d’aborder cette saison, le retour sur le banc de Tristan Thompson aussi, mais ne mélangeons pas tout. Il y a Gérard d’un côté, et l’humanité de l’autre. La preuve (attention, celle-là faut la lire sans trembler du menton), Kyrie et Tristan ont déjà connu des saisons à Cleveland sans Finales NBA. LeBron, de même. Gérard ? Never. Un formidable sniper, qui avait posé ses valises à contre-coeur en 2015, avant de se prêter au jeu, même défensivement. Acceptant son rôle de titulaire sous David Blatt, Smith était d’abord intouchable chez les titulaires, avant de se faire retirer du cinq de départ pendant les Finales NBA. Mal en a pris l’ancien coach des Cavs, qui non seulement a perdu face aux Warriors, mais en plus a perdu sa place six mois plus tard. Action, réaction, sanction, fallait pas toucher à Gégé. Et ça, Tyronn Lue le comprendra parfaitement, en responsabilisant l’agent numéro 5 plus que jamais la saison suivante : 77 titularisations en 77 rencontres jouées, record individuel de trois-points en une saison (204), record de beauté, Prix Nobel de la Paix, Prix Pulitzer, la totale.

Il n’empêche, blague à part, que Gérard dans le cinq, c’était aussi cette capacité à repeupler les forêts de l’Ohio en un an. Sur la saison 2015-16, Smith avait promis, via sa fondation, de planter un arbre pour chaque trois-points rentré avec les Cavs. Autant dire qu’aujourd’hui, ça slalome dans les rues de Cleveland tellement il y a de troncs sur la route. Joueur exemplaire, écologiste qui plus est, père de famille enfin responsable et amateur de belles soirées, Gérard en titulaire aux côtés de LeBron, c’était de l’or pour toute une génération. Comment ne pas repenser aux Finales NBA de 2016 face aux Warriors ? Le alley-oop sans regarder ? Son coup de chaud dans le Game 7, pour relancer les siens en seconde mi-temps ? Les 5 jours passés sans t-shirt ? Obama qui appelle les Cavs pour lui demander personnellement de mettre des fringues ? Pour tout ça, et bien plus de choses encore comme ses célébrations ou sa défense suffocante, on doit se lever et s’incliner. Car même si ce changement de rôle à Cleveland pourra aussi redonner vie à Gérard le Sixième homme qui avait illuminé New York par le passé, il s’agit d’une fin. La fin de trois merveilleuses années, dominées par sa grâce et ses improvisations géniales. En sortie de banc, ce ne sera pas vraiment la même chose. Et quelque part, sans se mentir, on regardera attentivement le bilan des Cavs, leur efficacité et la cohésion d’équipe cette saison. Car s’il y a bien une chose qu’on ne doit pas sous-estimer et que les adversaires ont respecté depuis 2015, c’est la simple présence de J.R. Smith dans le cinq majeur. Vous pouvez posséder les plus belles briques pour construire une maison, il vous faudra un ciment exceptionnel pour que la baraque tienne. Et ce ciment, c’était Gérard.

Longue vie à toi, ô lumière de notre époque. Que cette saison soit celle du réveil pour Tyronn Lue, qu’il réalise l’idiotie de sa décision, menant au départ éventuel de LeBron à l’été 2018. On pourra refaire 100 000 fois l’histoire, mais si vous voulez notre avis, la chute des Cavs démarra en ce lundi 9 octobre 2017 : le jour où les Cavs ont décidé de ne plus titulariser Gérard.

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2 Commentaires

2 Comments

  1. Jourdan Julien

    10 octobre 2017 à 14 h 56 min at 14 h 56 min

    Mine de rien, même si parfois il faut faire acte de 2nd degrés, l’article le concernant est magnifique presque un poil émouvant. Tyronn Lue nous prive d’un jour certe parfois inconstant mais qui pouvait faire lever mamie à n’importe quel moment dans la maison.

    Merci pour ce moment

  2. César

    11 octobre 2017 à 23 h 08 min at 23 h 08 min

    C’est avec une tristesse infinie que j’écris ces quelques lignes. Mais pas le temps de se lamenter ,ce n’est pas non plus la mentalité du Gérard d’ailleurs, et je prévois une énorme saison de ce Monsieur ! Si on garde en tête les quelques mots de Kanter pendant les vacances d’été (comme quoi l’ami JR est un pur phénomène lorsqu’il joue décontracté) on ne peut s’empêcher de penser que cette situation de 6eme homme va lui convenir à ravir !
    Le coach Lue n’est pas très futé ? Pas grave, moi j’m’en fous et je m’en vais planter des trois en sortie de banc! Et oui l’agent Smith n’a plus rien à prouver et cette situation va lui permettre d’écrire une nouvelle page de Son Histoire autant que de me faire sauter du canapé en pleine nuit! Merci TT, bisous

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