One-on-One

Kobe Bryant, comparaisons entre le 8 et le 24 : lequel était le meilleur et aurait dû être retiré en premier ?

Kobe Bryant
Source image : NBA title chase

Après l’annonce de son plus beau double-double en carrière, puisqu’il aura ses deux maillots retirés, il fallait bien qu’on regarde l’animal de haut en bas pour comparer ses deux versions : dans la carrière de Kobe Bryant, qui était le plus fort entre le 8 et le 24 ?

C’est que les réactions furent diverses et variées, au sein de la grande communauté NBA. En apprenant que le Mamba aurait deux numéros accrochés au plafond du Staples Center, le 18 décembre prochain, on a pu lire un peu de tout sur la toile. Logiquescandalemérité, escroc, trop bien, trop cheum. Des divergences qui nous ont donc imposé de devoir nous pencher sur le double-Kobe, celui qui a cherché sa voie à ses débuts puis cherché à être un vrai leader à sa fin. Jeune à belle afro de 1996 à 2006, vieux à belle élégance de 2006 à 2016, le Mamba continue à diviser les fans même à la retraite. Car le débat peut avoir lieu, aujourd’hui, sur la future cérémonie qui précédera Noël et fera pleurer bon nombre de die-hard fans de Kobe. S’il ne fallait en choisir qu’un, lequel ce serait ? Analyse de deux monstres sacrés, qu’il faudra trancher.

Récompenses individuelles

Kobe Bryant avec le numéro 8 :

  • Trois titres (2000, 2001, 2002)
  • En quatre Finales NBA (2004 perdue)
  • Deux titres de meilleur scoreur (2003 au total de points, 2006)
  • Slam Dunk Contest (1997)
  • 8 fois All-Star
  • 4 fois All-NBA 1st Team
  • 4 fois All-Defensive 1st Team

Ce Kobe là, c’était de la dynamite à tous les étages. Comment ne pas secouer la tête en revisitant la carrière du numéro 8, elle qui en son sein a aussi connu une division ? Aux débuts, il y a un jeune au Forum d’Inglewood, qui cherche à se faire une place en NBA. Premier All-Star Game, buzz au Dunk Contest, le déclic viendra par la suite avec l’afro. Premières grosses saisons sous Phil Jackson, Kobe prend alors une dimension supérieure mais reste quoi qu’il arrive dans l’ombre de Shaq. Un aspect qui le frustrera pendant longtemps, mais qui va aussi l’aider dans ses accomplissements. Car le match à 81 points est bien une décharge du Mamba, entre entêtement et génie. Une prouesse rentrée dans les annales (un seul N pour les Raptors), point d’exclamation sur cette première partie de carrière. Le Kobe qui tire par-dessus quatre défenseurs, des matchs à 40 points la mi-temps, des tirs du milieu du terrain, des challenges quotidiens mais cette sensation permanente d’être “sous” le Shaq. Voilà ce que représentait, en gros, Kobe avec le 8.

Kobe Bryant avec le numéro 24 :

  • Deux titres (2009, 2010)
  • En trois Finales NBA (2008 perdue)
  • Deux titres de MVP des Finales NBA
  • Deux titres de meilleur scoreur (2007, 2008)
  • MVP de la saison régulière (2008)
  • 10 fois All-Star
  • 7 fois All-NBA 1st Team
  • 5 fois membre d’une All-Defensive Team

La maturité, la sagesse, l’heure de s’envoler enfin en solo, et d’affronter les Celtics pour inscrire son nom dans la rivalité légendaire. Kobe avec le 24, c’est le professeur principal qui donne des leçons tous les jours à l’école. Des matchs mieux contrôlés, un rôle mieux compris, mieux canalisé après les orgies offensives de 2004 à 2006. Si le Mamba reste venimeux avec des saisons bien sérieuses en attaque, sa mue mène à un nouveau joueur qui va remporter deux titres avec la manière. Mieux encore, en étant MVP de la saison régulière en 2008, Kobe inscrit son nom sur la liste des légendes de 82 matchs. Blasphème s’il n’y était jamais arrivé, le cas est vite réglé. Et si les années 2012-2016 sont tristounettes entre tanking massif et blessures traumatisantes, Bryant reste le monstre de basket qui peut se déclarer meilleur joueur au monde de 2006 aux Jeux de Londres. Avant de tendre le bâton à LeBron, l’arrière s’assure d’avoir bien dominé individuellement comme collectivement, puis de partir quatre ans plus tard sur un dernier match épique à 60 points.

Comparaisons statistiques

Kobe Bryant avec le numéro 8 :

  • Saison régulière : 707 matchs au total, 23,7 points, à 45,1% au tir, 5,1 rebonds, 4,5 passes, 1,5 interceptions, 0,6 contres
  • Playoffs : 126 matchs au total, 22,9 points, 4,9 rebonds, 4,5 passes, 1,3 interceptions, 0,7 contres

Si c’est sous ce maillot que les 81 points ont été scorés, c’est aussi sous ce maillot que le titre de lieutenant a été imposé. Obligé de devoir suivre les directives de Phil Jackson tournées vers un Shaq indéfendable, Kobe reste très productif et monte petit à petit en température. C’est avec le 8 que Bryant nous plante des séries de matchs à 40 et 50 points. C’est avec le 8 que Bryant nous claque 12 trois points en un match, autre immense performance qui fût ensuite dépassée par Steph Curry l’an dernier. Jouant davantage de matchs de Playoffs grâce à ces Lakers en mode rouleau-compresseur début 2000, l’arrière y cale des Finales 2002 de folie mais doit laisser le tracteur numéro 34 repartir avec les médailles individuelles. Numériquement, il y a donc encore une fois deux versions sous ce numéro 8, puisque le jeune impatient qui envoie le Shaq au alley-oop face aux Blazers est en contraste avec le glouton capable de prendre 47 tirs dans un match en 2002.

Kobe Bryant avec le numéro 24 :

  • Saison régulière : 638 matchs au total, 26,2 points, à 44,1% au tir, 5,3 rebonds, 4,9 passes, 1,4 interceptions, 0,3 contres
  • Playoffs : 94 matchs au total, 29,3 points, 5,3 rebonds, 5,1 passes, 1,5 interceptions, 0,6 contres

Monstrueux en Playoffs, plus productif en régulière également, Kobe se régale enfin à titre individuel puisque le Shaq est parti et a laissé place à un grand Espagnol barbu. Parfait complément du Mamba, Pau Gasol fait le boulot pendant que le 24 envoie du caisson chaque soir. Un pourcentage au tir globalement moins propre, mais que dire dès que le mois de mai pointe son nez ? Des séries pliées par sa simple volonté (Denver, San Antonio, Utah), avant de nous offrir du bien comme du moins bien en Finales NBA. Longtemps les fans se souviendront de son sale Game 7 contre Boston en 2010, rattrapé par les actes héroïques de Metta World Peace, mais ce Kobe là reste à un tout autre niveau technique. S’amusant de ses défenseurs, il vient en planter 60 au Madison Square Garden, avant de tuer des équipes comme les Suns en n’oubliant pas de claquer les fesses de ses adversaires. Numériquement et techniquement parlant, le 24 est moins ahurissant mais plus dominant.

Du style et des souvenirs

Kobe Bryant avec le numéro 8 :

Il y a cette part de nostalgie, quand on pense à Kobe avec le 8. Quelque chose qui nous pousse à sourire en le voyant avec l’afro, ou bien montrant ses quelques muscles au Dunk Contest. En début de carrière, on a droit à des pompes mythiques de chez adidas, sortes de Volzvo qui font duo avec celles de T-Mac. On a aussi du rap avec Tyra Banks, des fringues trop larges, des lunettes avec un maillot de Jordan… Kobe avec le 8, c’est certes des coups de folie sur le terrain, mais des coups de folie en dehors également. L’affaire du Colorado, triste épisode qui voit son image finir au fond de la piscine. Il y a aussi le retour à Philly pour finir MVP du All-Star Game, sous un nuage d’applaudissements et de huées en tant qu’enfant de la région. Adoré et détesté, Bryant divise déjà mais on garde en tête le monstre athlétique qui voulait juste se faire une image. Une qu’il changera dès 2006, avec la Mamba mentality.

Kobe Bryant avec le numéro 24 :

La nostalgie laisse place à la tendresse, quand on se souvient de Kobe avec le 24. De la tendresse et un peu d’empathie, car l’homme devenu leader est aussi un pharaon qui s’en va dans l’ombre. Le bad boy des débuts qui ne laisse rien voir laisse place au blessé qui s’explose le tendon d’Achille, larmes aux yeux. C’est un Mamba out lâché la serviette sur les épaules, dans une soirée qu’on peut juger comme on le souhaite mais restera inoubliable. Ce sont les Finales de 2008, perdues dans un TD Garden en feu, qui impose un soupir. Kobe avec le 24, c’est certes un daron respectable et respecté, mais c’est surtout un compétiteur qu’on déteste moins, acclamé dans le Minnesota lorsqu’il intègre le podium des meilleurs scoreurs all-time. Il y a une image qui s’adoucit, des merdes de demandes de transferts qui s’effacent. On entre dans un jeu cordial en fin de carrière, entre blagues en conférence de presse et hommages réalisés en vidéo aux quatre coins de la Ligue. A la fois proche et loin de ses 6 bagues désirées, Kobe ne cherche plus à dépasser Jordan : il souhaite créer sa propre voie.

___

Kobe Bryant aura marqué ses fans, de tout âge, et de différentes façons. Arrogant puis touchant, conspué puis respecté, l’arrière a utilisé deux numéros pour deux types de chemins dans une seule et même carrière. S’il ne fallait en retirer qu’un, de maillot ? Peut-être que le 24 serait plus marquant. Mais 24 ne serait rien sans le 8, et le 8 a installé les bases du 24. En fait, il faudrait retirer le 824, car les deux n’ont fait qu’un.

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3 Commentaires

3 Comments

  1. Juuza

    13 septembre 2017 à 13 h 16 min at 13 h 16 min

    “Bryant reste le monstre de basket qui peut se déclarer meilleur joueur au monde de 2006 aux Jeux de Londres”.
    2012 les JO de Londres

    • Bastien Fontanieu

      13 septembre 2017 à 14 h 32 min at 14 h 32 min

      “Bryant reste le monstre de basket qui peut se déclarer meilleur joueur au monde, de l’année 2006 aux Jeux de Londres de 2012”, c’était dans ce sens.

  2. L_Abonne

    13 septembre 2017 à 18 h 47 min at 18 h 47 min

    Tres bel article et bien construit. Bon après on sent qu’il y aune petite part de subjectivité.( hein monsieur le fan des spurs ^^} Mais bon rien de grave et peut être que c’est voulu. En tout cas le seul point qui me fait marrer ( c’est pas que vous car c’est ancré dans les moeurs de la nba), c’est franchise player/ lieutenant. Alors je sais le shaq dominait tout, il a eu tous les mvp des finales ect. Mais pour moi je comprend pass comment on peut dire que russel westbrook et kevin durant c’était du co franchise player et shaq et kobe du lieutenant franchise player. Quand on va voir les stats de kobe ainsi que des matchs ( que j’ai bien sur vu ) il n’a pas a rougir du shaq loin de la. Voila mon petit coup de gueule ^^.je pense qu’il va falloir peut etre changer cette mentalité de moi jsui le patron le reste c’est mes employés. Par exemple quand on regarde les warriors il y toujours une hiérarchie par rapport au niveau des joueurs mais on ne sent pas cette esprit de je suis le.franchise player donc je prend le shoot de la.fin, je suis le franchise player c’est moi qui reveille nos troupes ect… en tout cas c’est une reflexion que je me suis faite en regardant les warriors ou encore les pistons 2004 quand les rôles sont bien partagées avec des joueurs intelligent et bien sur couple avec quand même du talent et ba cette notion de franchise player peut disparaître. Voilà voilà ^^ Allez continuez comme sa vous faite du super boulot. Bon courage pour la suite. ^^

    Ps : Bien sur moi aussi je ne suis pas forcement tres objectif dans ce que je vien de dire.

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