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Les Warriors ont réalisé l’été parfait : est-ce qu’on peut dire qu’une telle équipe… s’est améliorée ?

Warriors

Bis… repetita ?

Source image : Sports Center

Depuis qu’il a rejoint l’armada d’Oakland en mai 2014, Steve Kerr est le chef d’orchestre d’un rouleau compresseur qui ne cesse de tout écraser sur son passage depuis trois ans. Les Warriors ont été champions en 2015, à deux doigts du back-to-back en 2016, et à nouveau titrés avec la manière face aux Cavs, pour un troisième rendez-vous en autant d’années. Après une free agency 2017 marquée par les prolongations de tous les cadres et l’arrivée de nouvelles gâchettes, la franchise peut-elle imposer plus que jamais une hégémonie sans partage sur la planète basket l’an prochain ? Réponse. 

Les Warriors font rêver, sans contestations aucune. Depuis 2014 et l’explosion de Stephen Curry, Klay Thompson ou encore Draymond Green, LeBron James n’est plus le centre d’attraction premier en NBA. Pour cause, si les Cavs n’avaient pas réussi le casse du siècle en 2016, Golden State pourrait se targuer d’un vilain threepeat, dans le genre Bulls années 90 et Lakers années 2000. L’équipe semble imbattable, trop forte pour le niveau global de la ligue. L’arrivée de Kevin Durant n’arrange rien pour la concurrence, parler de superteam pourrait vite devenir un euphémisme tant le niveau de jeu pratiqué par les gars qui composent le roster californien est affolant. Après le titre de champion légitimement obtenu en juin dernier, certaines rumeurs alimentaient le doute quant aux chances que la franchise avait de reconduire les mêmes bonhommes pour l’exercice 2017-2018. Ivres, certains s’étaient mués en prophètes de conversations de comptoirs, en envoyant Chef Curry chez les Hornets, tandis que d’autres rêvaient d’un Klay qui désirait voler de ses propres ailes en devenant le franchise player attitré d’une équipe. Résultat des courses, et là se situe le côté terrifiant de la chose, les Warriors nous semblent plus forts que jamais. Oui oui, plus forts qu’après un 73-9 de saison régulière en 2016, plus forts qu’après un 4-1 tranquille face à LeBron et Kyrie lors des dernières finales.

Comment une telle prouesse est-elle possible ? Demandez à Bob Myers, GM du monstre à 15 têtes. L’été de tous les dangers s’est transformé en plat du pied sécurité niveau 10. C’est en cela que la direction démontre une nouvelle fois qu’elle sait prendre les bonnes décisions aux bons moments. Stephen Curry, Andre Iguodala, Kevin Durant, Shaun Livingston, David West, Zaza Pachulia ou encore JaVale McGee ont été prolongés, pour le plus grand bonheur des fans et du prix de la place. Près de la moitié des champions ont été reconduits pour de nouvelles aventures, toujours plus folles les unes que les autres. Cette capacité à conserver le noyau dur de l’effectif constitue la marque des très grands, la base est toujours la même et à celle-ci vient s’ajouter des joueurs qui vont apporter leurs pierres à l’édifice. Car outre les prolongations, une ribambelles de pépites peuvent punir à court et moyen termes. Le jeune Patrick McCaw a montré de belles choses pour un rookie, et Dieu sait que pour débarquer à 20 piges et se frayer un chemin dans une équipe qui sort d’un 73-9, faut avoir les reins solides mon coco. Sous l’aile de Kevin Durant, le joueur s’est tout de suite senti à l’aise – double buzzer en Summer League 2016 – et en confiance dans le collectif de l’équipe. En témoignent ses 20 apparitions en tant que titulaire lorsque son mentor, et accessoirement MVP des Finales, était au repos pour soigner deux trois pépins physiques. On a toujours du mal à se demander si c’est vrai, mais Nick Young a bien tapé un petit BlaBlaCar de quelques heures jusque dans la Bay pour y exporter ses nombreux talents.

Mettons de côté l’aspect Gerard de Nick, et parlons du fit immense qu’il représente pour les Warriors. Sa capacité à enfiler les perles du parking, seul ou contesté, affine, fignole et aiguise plus que jamais la capacité de l’équipe à punir et être performante dans le domaine qu’elle maîtrise le mieux, à savoir l’adresse longue distance. L’ancien Lakers a accepté de sortie du banc et artiller comme un fada, jusqu’à ce que ficelles s’en suivent. Avec 13,2 points et un méchant 40% derrière l’arc, son arrivée représente une plus-value énorme pour Steve Kerr et ses hommes. Polyvalent et shooteur adroit, Omri Casspi vient lui aussi renforcer l’écurie de Golden State pour le minimum vétéran. La menace offensive que représentaient les Warriors est, après cette free agency, augmentée de façon terrifiante au vu des signatures clés que la franchise a réussi à valider, combinée à l’ajout de joueurs expérimentés qui de par leurs jeux respectifs, vont se fondre à merveille dans le collectif. Quand t’as un bougre qui drive, t’as soit Curry, soit Klay, soit KD, soit Young, soit Casspi ou encore McCaw dans le corner. T’as l’embarras du choix pour faire filoche. Une chance sur six que ce soit Iggy, t’es plutôt relax. Attention aux extra-passes et aux torticolis qui vont s’en suivre.

De son côté, la Conférence Ouest a vu son niveau grimper sensiblement, bien que celle-ci était déjà bien plus relevée que sa petite sœur de l’Est. Des équipes comme les Rockets ou les Clippers ont réalisé un été parfait en restant focus sur un marché local : Chris Paul a rejoint James Harden à Houston, tandis que Pat Beverley, Lou Williams, Danilo Tyson Gallinari ou encore Milos Teodosic viennent compléter l’armada des Clippers, dont Blake Griffin s’impose comme le véritable leader après le départ de CP3 et sa prolongation à hauteur de 173 millions. Va falloir compter sur ces deux franchises, mais pas que. Minnesota et Oklahoma City ont quant à eux vidé l’Est de ses talents pour devenir des contenders aux profils différents, mais avec la même ambition : tout écraser sur leurs passages. S’ils n’ont gagné que 31 matchs l’an passé, les hommes de Tom Thibodeau savent qu’ils vont rentabiliser le prix des places cette année : Jeff Teague, Jamal Crawford, Jimmy Bucket et Taj Gibson ont rejoint les Wolves. Les deux derniers Bulls joueurs mentionnés évoluaient sous les ordres de Timy la défense à Chicago il y a quelques années. Sympa de rappeler ses ex.

En ce qui concerne le Thunder, Russell Westbrook ne peut plus se plaindre. Des sources ont révélé qu’il avait pu être frustré quant au niveau de ses coéquipiers l’an passé. Tu m’étonnes qu’en 30-10-10 tu prennes les autres pour de la merde. Oui mais voilà, Paul George vient suppléer le MVP 2017 dans l’Oklahoma. Au programme, être en charge d’une partie du scoring, apporter du leadership et cadenasser les gros poissons en face. Depuis ce matin on cherche plus physique que le Thunder, et on cherche encore. Ces équipes qui se renforcent à l’Ouest nous amènent à une réflexion globale. Bien que très compétitive, il existe une énorme différence entre toutes les équipes mentionnées et les Warriors : la majorité des effectifs ont été chamboulés. Même si les joueurs NBA sont intelligents et rapidement à l’aise dans un nouveau collectif, les automatismes doivent se travailler et être répétés pendant des semaines pour déboucher sur une parfaite harmonie entre coéquipiers. Cela demande bien évidemment du temps et du travail, et ce sont les Warriors qui rient tranquille devant leur console. Ayant re-signés la colonne de l’équipe, les hommes de Steve Kerr n’auront pas ce problème : opérationnels dès le premier jour ils seront, Maître Yoda.

Aussi difficile que cela puisse être à lire, nos Dubs étaient donc en rodage avec l’arrivée de Kevin Durant. Et malheureusement pour ses concurrents, s’il y a bien une année où la marge de manœuvre pour le titre était à portée de main, c’était l’année dernière. Il est donc trop tard, en quelque sorte. Les Warriors auraient pu être prenables l’an passé, mais un signe fort nous indique que lors des années à venir et notamment celle qui pointe son nez, la superteam d’Oakland sera tout simplement injouable. En plus des prolongations, arrivées, et automatismes tout frais, l’histoire nous montre qu’une équipe en rodage est souvent meilleure l’année après le titre. Gloups. Champion en 2012, le Heat comptait réaliser le back-to-back pour se rapprocher des 7 bagues promises par un LBJ encore sous C. Résultat des courses, Miami a terrassé la NBA pendant quelques semaines avec 26 victoires consécutives en 2013. Une des plus grandes série de l’histoire du sport US avait été écrite par Spoelstra et ses hommes, toujours plus avides de succès après le titre remporté l’an passé. Les Bulls avaient mis un terme à la série des Floridien, mais qu’importe. King James soulevait son deuxième titre de champion quelques mois plus tard, au terme d’une série renversante face aux San Antonio Spurs.

En parlant Bulls, on va faire plaisir aux puristes et remonter un peu plus loin dans la chronologie NBA. Lors de la saison 1990-1991, Jordan et son équipe obtiennent le premier titre de l’histoire de la franchise après avoir marché sur les Lakers de Magic en finale après seulement cinq matchs. Le jeu en triangle a commencé à porter ses fruits, la dynastie des taureaux allait régner sur la NBA. Pour sa première saison, Phil Jackson offre donc aux Bulls une bagouze, mais comme expliqué ci-haut, la phase de rodage de 1990-1991 – nouveau coach, nouveaux systèmes – laisse entrevoir le pire pour les autres franchises. 1991-1992 ? Une boucherie sans nom. Chicago explose la régulière avec 67 victoires, nouveau record de franchise. Malgré des Knicks et des Cavs sur-motivés et prêts à tout pour faire tomber Jordan de son piédestal, la Windy City accède en finale NBA contre les Blazers. Même un Clyde Drexler immense cette année – 25 points de moyenne et une 2ème place au titre de MVP derrière Jordan – ne peut empêcher Portland de s’incliner 4-2 et applaudir le back-to-back de Chicago. Le Goat va même inscrire 35 points dont 6 paniers du parking en première mi-temps lors du premier match des finales. Encore un record, pour ceux qui s’en souviennent.

Alors, terrifiés ? Bien que Golden State surfe sur la vague du succès, on se demande si l’hégémonie ne va pas être encore plus grande la saison prochaine. Tous les voyants sont au vert : colonne de l’équipe reconduite, automatismes et complicité maximale, nouveaux archers qui débarquent dans la forêt et contexte d’équipe en rodage toujours plus forte la saison après un titre. La confiance de l’équipe touche le soleil sans se brûler, et malgré une Conférence Ouest encore plus forte et relevée, aucune équipe ne semble capable de réellement déranger la machine sur une série. Les Warriors 2017-2018, meilleure équipe de l’histoire de notre sport ? Un, deux, trois, allez on se mouille. Et qu’importe s’ils réalisent le back-to-back ou qu’ils soient éliminés au premier tour contre Portland, le spectacle sera au rendez-vous. Les haters aussi. 

1 Comment

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  1. Demesures

    11 août 2017 à 18 h 07 min at 18 h 07 min

    Super article ! Et si on rajoute le bordel ambiant a Cleveland…le doute n’est plus vraiment permis pour l’installation d’une dynastie

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