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Lamar Odom s’ouvre sur son passé : la cocaïne, la vie, la mort, un témoignage poignant

Loin des parquets et sur le chemin du retour à la vie, Lamar Odom s’est livré sur The Players’ Tribune sur son passé douloureux. Une histoire aussi dure que touchante, pour un véritable miraculé.

Un père accro à l’héroïne. Une mère qui meurt d’un cancer à 12 ans. Le basket qui le sauve certes, mais un fils qui décède alors qu’il n’a que 6 mois. La vie de Lamar Odom est un parcours du combattant, qui aurait pu faire disparaître plus d’une personne. Et disparaître, quelque part, c’était aussi le projet de l’ancien ailier des Lakers. Rayonnant à Los Angeles, Odom sombrera dans une voie des plus tragiques et dangereuses, celle de la cocaïne. Une chute terrifiante, suivie de loin par ses proches comme ses fans, l’emmenant même jusqu’à 4 jours de coma il y a deux ans. Aujourd’hui ? Lamar a touché le fond de la piscine, mais a évité la noyade de justesse. Attrapant les cordes qui lui furent tendues, le géant a décidé de se reconstruire en s’acceptant et en veillant sur ses autres enfants. Une page qui se tourne aussi dans la confession, une réalisée sur The Players’ Tribune et nous ouvre les portes d’un monde angoissant. Le passé, les drogues, l’hôpital, la mort, tout. Lamar veut mettre ce monde derrière lui et le fait avec autant d’émotion que de transparence. La vidéo ci-dessus est traduite ci-dessous, mais pour ceux qui veulent en savoir plus, on ne peut que vous conseiller la lecture complète de ses confessions.

Comme ma grand-mère me disait… C’est quelque chose qui m’a marqué jusqu’à aujourd’hui, elle me disait : ce qui est fait dans le noir apparaîtra à la lumière. Tu vois ce que je veux dire…? Et je repense à toutes ces petites conneries que j’ai essayé de faire ou dont j’ai voulu m’innocenter. Si ce n’est pas dans la lumière publique, ce sera dans celle de Dieu.

N’importe quelle personne ayant connu une vie compliquée et notamment dans la drogue, comme la mienne, avec des femmes, la mienne que j’ai trompée et des trucs du genre. Merde quoi, il y a eu tellement de situations de ce genre. Des nuits durant lesquelles j’aurais dû dormir, mais je restais debout à sniffer de la cocaïne. Tu vois ce que je veux dire ? De nombreuses nuits de ce genre, quand ton coeur bat à cent à l’heure.

Ma mère faisait très attention à tout le monde. Elle avait un grand sourire et de grands yeux bien ouverts. Et elle était toujours derrière moi. Quand j’ai appris qu’elle était malade et qu’elle allait mourir, j’ai souffert. Je n’avais que 12 ans. Je me souviens du jour où elle est décédée. Je me souviens être allé la voir, et découvrir à quel point le cancer avait détruit son corps. Si on revenait dans le temps et vous me mettiez à nouveau dans cette pièce, je pense que je n’aurais même pas pu la reconnaître. Son visage était tellement enflé, du sang sortait de sa bouche, et elle me répétait “Mookah ! Mookah !”, c’était mon surnom pour elle. Le simple fait d’assister à cette scène, je crois que rien ne peut vous préparer à perdre votre mère quand vous avez 12 ans. D’un seul coup, disparue. Les gens pensent que parce que vous avez un certain statut, de la notoriété ou un truc du genre, vous êtes insensible. Mais nous sommes tous affectés par les mêmes difficultés et les mêmes peines du monde. J’aimerais pouvoir demander à quelqu’un pourquoi ma mère est morte, qu’on me donne une raison. Mais il n’y en a pas.

Surtout pour mon fils. Il n’avait que 6 mois, il aurait 11 ans aujourd’hui. Il était plein de vie, très réactif. Dès qu’on entrait dans la moindre pièce, il me regardait et me fixait. Une part de moi se sent responsable. J’étais dehors toute la nuit et je n’étais pas rentré. Puis je reçois un coup de téléphone de sa mère et elle se met à paniquer. Donc je lui dis de sa calmer et de m’expliquer. Mais elle me répond que Jayden ne veut pas se réveiller. Je lui dis, comment ça il ne veut pas se réveiller ? Elle me dit oui, qu’elle est à la maison et que l’ambulance est là. J’arrive, et ils me disent qu’il ne répond pas, qu’il est mort. Je dis, comment ça mort, vous voulez dire quoi ? Je venais de le voir. Et maintenant il était mort. La douleur sur le visage de sa mère, je ne l’oublierai jamais. Elle ne pouvait pas y croire.

Je crois que tout s’est probablement accéléré à partir de ce moment-là, même de façon inconsciente. Un des moments les plus bas de toute ma vie, c’est quand j’étais dans la chambre d’un Motel. Je me défonçais avec cette fille, et ma femme de l’époque débarque. C’était probablement le pire. Déjà, dans un Motel, j’agissais comme un con. Mais voilà aussi ce que c’est, la dépendance. La dépendance est une maladie du cerveau, beaucoup de gens ne le savent pas. Cela affecte votre cerveau, vous ne prenez plus de décisions rationnelles. Vous en venez à vous demander comment vous avez fait pour en arriver là, en fait.

Surtout quand je me réveillais et ne pouvais ni parler, ni marcher. Ils m’ont retrouvé dans le coma. Et je me demandais comment j’avais fait pour me retrouver dans le coma. La seule chose à laquelle je pouvais penser, c’est que c’était le plan de Dieu. Il me disait que ce que j’étais en train de faire, il allait falloir se calmer dessus. Car je pouvais terminer bien plus mal que là. C’est la seule chose à laquelle je pouvais penser. Il n’y a pas de billet retour dans ce genre de situation. Mes funérailles seront probablement de belles funérailles, des gens qui se retrouveront après pas mal de distance, mais ce n’est pas encore l’heure.

Mes enfant sont spéciaux. Ma fille et merveilleuse, elle a 18 ans. Elle m’a donné une option, en me disant que je devais soit me faire aider soit elle ne me parlerait plus jamais. En ayant été un gars plutôt solide toute ma vie, que mes enfants me voient dans un tel état n’était vraiment pas facile. Même en parler, c’est dur. Quand je suis passé par ce dernier processus de désintox, tout le monde est venu me voir. Mes coéquipiers, Kobe, tout le monde est venu. Et ça m’a fait du bien. En cure, vous apprenez à tout relâcher, car c’est ainsi que vous pouvez apprendre. J’ai pris chaque étape une par une et ça marche, je suis clean aujourd’hui.

J’ai tellement vécu de choses dans ma vie que je veux juste ce petit… petit morceau sur Terre où je n’ai pas à être inquiet. Je dirais que c’est ce que je souhaite, ne plus être inquiet.

Je suis Lamar Odom, de New York City. Je suis beau gosse, charismatique, et drôle.

Il est toujours difficile de comprendre les décisions prises par chaque athlète, nous qui les voyons de l’extérieur sous la lumière de la performance sportive. Mais derrière ces joueurs se cachent aussi des hommes, des enfants, des parcours, une histoire, des familles, des rêves et des cauchemars. Galopant aux côtés de Kobe et Pau Gasol, Odom ne donnait pas l’impression d’avoir vécu de telles épreuves traumatisantes. Pourtant, derrière les rideaux, loin du public et de la pression médiatique se cachait un monde en lambeaux. Des fondations instables, laissant place à la pire des tentations, une qui aurait pule mener à son propre décès. Comme il le dit si bien, c’est en regardant chaque matin le visage de ceux qui sont partis et ceux qui sont encore à ses côtés qu’il peut retrouver un peu de force. Une qui on l’espère le mènera vers une vie plus saine, plus heureuse, avec un peu de basket si possible mais beaucoup de sérénité, surtout.

Merci et chapeau, Lamar.

Source : The Players’ Tribune


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