One-on-One

Nouveau challenge, nouveau statut pour Zach LaVine à Chicago : devenir le leader d’une franchise en reconstruction

Zach LaVine

Loup affamé débarque à Windy City.

Source image : YouTube/Chicago Bulls

Le 27 juin dernier, les Bulls ont tenu une conférence de presse pour présenter leurs nouvelles acquisitions. Lauri Markkanen, Kris Dunn mais surtout Zach LaVine rejoignent le chantier dont Fred Hoiberg en est le mauvais contremaître chef d’orchestre. Le double vainqueur du concours de dunk vient avec des ambitions, et compte tenu du roster on espère que le petit saisira sa chance. Être le leader de Windy City, c’est ça l’objectif. 

Le départ de Jimmy Butler laisse Chicago orphelin de son meilleur joueur. Dans le deal établi avec Minnesota, Kriss Dunn et Zach LaVine font le chemin inverse de Buckets. L’arrière constitue clairement la pièce la plus importante et intéressante du puzzle de la free agency côté Bulls. Bercé par les aventures de Space Jam et les coups de génies de l’illustre Michael Jordan, Zach avait affirmé être excité de pouvoir relever un nouveau défi à seulement 21 clochettes. L’équipe dirigée par Hoiberg est décimée, sans réel fond de jeu. Le côté tactique a été mis au placard en 2016-2017, laissant ainsi les individualités se relayer pour essayer de sauver les meubles. On connaît la suite. Chicago est un pays qui avance sans chef d’Etat. Dwyane Wade est inévitablement le joueur le plus respecté, respectable et influent de l’équipe, cependant ce dernier n’a plus qu’une pige à tirer dans l’Illinois avant de retrouver LeBron. Dirk Nowitzki est un prince, mais tout le monde ne peut pas refuser 24 millions sur un an à 35 ans.

Il y a donc une place à prendre en tant que leader de l’équipe, et LaVine arrive en voulant assumer et porter ce costume. Blessé à la mi-saison par une rupture des ligaments croisés, les 47 matchs qu’il a disputé ont mis en lumière la maturité qu’il a gagné lors de l’intersaison. Ses statistiques sont en réelles progression année après année, et honnêtement il nous a filé le barreau avant de s’effondrer contre les Pistons début février dernier. Ses 18,9 points, 3,4 rebonds et 3 passes lors de l’exercice précédent sont à saluer. Ses prises de décisions étaient souvent justes, sa sélection de tir meilleure et son comportement plus professionnel et appliqué. Non, Zach LaVine n’est pas qu’un simple showman de concours de dunk et animateur de Top 10 au réveil, à en juger son petit 46% au tir dont 39% du parking. Oui, la place de meneur d’homme lui est réservé s’il fait les efforts et qu’il s’implique comme tout bon leader doit le faire. Il sait qu’il sera attendu, mais c’est justement ce challenge qui l’anime et le pousse à s’imposer dans la franchise mythique des Chicago Bulls. Chez les Wolves, il faisait partie d’un groupe de jeunes joueurs talentueux désireux de faire étalage de leurs qualités aux yeux de la NBA.

Propulsé sur le devant de la scène aux côtés de joueurs comme Andrew Wiggins et Karl-Anthony Towns, la hype était immense mais il n’était que la troisième option offensive de l’équipe. Normal. Aujourd’hui chez les Bulls personne ne semble être en mesure de lui contester son ascension jusqu’au trône de leader. Wade est intelligent, il sait que le gosse représente l’avenir et la future base de la franchise. Il devrait sûrement l’épauler, le conseiller et l’accompagner dans son développement et épanouissement, pour le plus grand bonheur de l’équipe et de son bilan de fin de saison. La concurrence au poste d’arrière est digne d’un niveau N3. Il y évidemment beaucoup de noms, mais très, très peu de qualité. John Paxson a lui aussi fait un travail de N3. Denzel Valentine, malgré son superbe parcours universitaire, n’est toujours pas prêt pour la NBA. Il va progresser et devenir un bon joueur de rotation, cependant il va encore chauffer le banc quelques temps avant de réellement obtenir sa chance.

Isaiah Canaan et Kris Dunn vont se partager la mène avec un temps de jeu correct. Les deux sont jeunes et ont du basket. L’ex meneur des Wolves arrive lui aussi avec l’intention de casser la baraque après une première saison ratée sous la coupe de Tom Thibodeau. Ne pas réussir à déloger Rubio et finir avec 3,8 points et 2,4 passes alors que les autres rookies te voyaient Rookie of the Year, ça pique un peu. Cameron Payne, débarqué du Thunder l’an passé, devrait quant à lui se muer assez rapidement en prof de danse sur le banc en CDI, tandis que Jerian Grant et Justin Holiday grappilleront quelques minutes par-ci, par-là.

Zach LaVine peut clairement s’imposer au sein de cet effectif jeune, inexpérimenté et disons-le, pas très séduisant et encore moins compétitif. Si Chicago est bien sur le chemin de la reconstruction, des joueurs comme Kris Dunn, Lauri Markkanen, Bobbi Portis peuvent jouer un rôle important mais c’est bien Zach LaVine qui porte sur ses épaules le projet de la franchise. On sait que ce dernier en est capable, au vu de son âge, son axe de progression et surtout ses ambitions : oui, le bougre veut être All-Star dans la plus grande ligue de basket professionnelle au monde. Le pari pourrait être risqué chez certains, compte tenu de la grave blessure contractée par le joueur, cependant ce dernier a tenu à calmer et rassurer les fans, il sera de retour, plus fort physiquement, mentalement et en avance sur le calendrier initialement prévu. Ah, la force l’âge. Il serait peu conventionnel de ne pas mentionner le rôle évidemment clé de Dwyane Wade dans le processus d’ascension de LaVine. Son expérience, son vécu et son influence seront extrêmement précieux pour la jeune pousse, qui compte bien profiter du vétéran avant que celui-ci n’aille chercher une quatrième et dernière bagouze du côté de… affaire à suivre.

Aux Bulls, Zach LaVine ne pourra pas et ne voudra pas se cacher derrière d’autres joueurs plus confirmés et talentueux. Il représente bel et bien l’avenir de la franchise et ses ambitions démontrent qu’il est prêt mentalement à relever le défi. Il a évidemment les qualités athlétiques et techniques pour répondre aux attentes. Il a certes des défauts (la défense notamment) mais personne n’est parfait à 22 ans. L’ex joueur des Bruins d’UCLA a le temps de se former et d’apprendre de ses erreurs aux côtés de Dwyane Wade. S’il se remet bien de sa blessure, Chicago peut espérer apercevoir les premiers rayons de  soleil apparaître après quelques années de nuages et d’orages. Roulez, jeunesse.

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