Old-School

Et Michael Jordan foudroya Cleveland : “The Shot”, ce tir vitrine d’une clutchitude ultime

Michael Jordan - The Shot

The Shot ! Un tir baptisé “Le Tir”.
Tout simplement.

Source image : Screen YouTube

Au cours de sa fabuleuse carrière, Michael Jordan a fait preuve d’une clutchitude impressionnante, parfois écœurante pour le Jazz les Knicks ses adversaires. A 25 reprises, sous le maillot des Bulls, il a fait gagner un match par un tir ou des lancers-francs, dont deux fois en Finales NBA. Mais en ce 7 mai 1989, il a clairement signé l’un de ses plus grands faits d’armes en termes de clutchitude. Un tir au buzzer, un game winner de série, un shoot tellement inoubliable qu’il sera baptisé “The Shot”. Rien que ça…

Michael Jordan sort d’une saison monstrueuse. 32,5 points de moyenne à 53,8% au tir ! Le tout accompagné de 8 rebonds, 8 passes décisives et 2,9 interceptions par soir. La saison précédente, il avait été élu meilleur défenseur et MVP de la régulière. En 1989, il ne sera que troisième de la course au titre de Most Valuable Player mais ça, c’est encore une toute autre histoire… Dans le sillage de leur numéro 23, les Bulls ont remporté 47 victoires sur l’exercice, obtenant ainsi la 6ème place de l’Est. C’est donc Cleveland – troisième de Conférence cette année-là – qui se présente sur le chemin des Taureaux pour le premier tour de Playoffs. Les Cavs sont très costauds et s’appuient sur un superbe collectif construit autour de la quadruplette Mark Price, Ron Harper, Larry Nance et Brad Daugherty. Un quatuor dans lequel tout le monde tourne entre 17 et 19 points par rencontre, auxquels Price ajoute plus de 8 caviars, Harper 5 rebonds et 5 offrandes pendant que Nance glane 8 rebonds de moyenne et Daugherty plus de 9. Bref, c’est très équilibré, c’est solide en défense et ces Cavs sont favoris face aux Bulls.

La série sera extrêmement serrée du début à la fin. Aucune rencontre ne finira avec un écart supérieur à huit points. Et grâce à un Michael Jordan dont le niveau de jeu avait de quoi faire flipper n’importe quelle équipe, les Bulls vont rester dans le coup jusqu’au bout. Oui, il était flippant le Jojo : 39,8 points, 5,8 rebonds, 8,2 passes décisives et 3 interceptions de moyenne sur la série, c’est pour le moins flippant comme ligne statistique. Mais les 50 points de Sa Majesté lors du match 4 n’empêcheront pas la défaite de Chicago et les deux équipes se retrouveront donc à 2 partout avec un match décisif à disputer à Cleveland (série au meilleur des 5 à l’époque au premier tour de Playoffs). Le dernier opus de cette série fratricide se jouera dans un mouchoir de poche. A six secondes de la fin, les Bulls mènent d’un point (98-97) car Jordan (forcément) vient de planter un jumper à mi-distance et par-dessus l’excellente défense de Brad Daugherty. Il n’est pas passé si loin de se faire contrer comme il le racontera plus tard mais c’est dedans et Lenny Wilkens – le coach des Cavs – demande un temps-mort.

En sortie de temps-mort, les Bulls laissent filer Craig Elho qui ira planter un lay-up sous le nez d’un Jordan un peu trop court. 99-98 pour les Cavs. Il ne reste que trois secondes à jouer et tout l’Ohio se voit déjà au tour suivant. Temps-mort demandé par Doug Collins, le coach des Taureaux. On ne sait pas exactement ce que ce bon Doug peut raconter à ses joueurs à ce moment du match mais on a une petite idée tout de même : “Bon les gars, c’est très simple. Mike a déjà envoyé 42 points dans ce match donc on ne cherche pas à comprendre et on se débrouille pour qu’il reçoive la balle. Et toi Mike, bah tu fais ce que tu sais faire hein. Tu nous termines tout ça.” Jordan va effectivement recevoir ce ballon et il va le transformer en or, en qualification pour le tour suivant d’un shoot parfaitement maîtrisé alors que Craig Elho a vraiment bien défendu, obligeant Michael à tirer après un temps de suspension hallucinant. D’ailleurs, quelques années plus tard, Elho reviendra avec une certaine nostalgie sur ce moment d’anthologie :

“Les gens disent toujours que j’ai bien joué le coup en défense parce que j’avais ma main devant son visage. Il a été capable de rester en l’air plus longtemps que moi et m’a laissé retomber… Le reste appartient à l’histoire.”

Effectivement, le reste est entré dans l’histoire. Car ce tir – avec celui qui mit un terme aux Finales de 1998 – n’est autre que la vitrine de la clutchitude insensée de Michael Jordan. L’un des plus grands symboles de l’instinct de tueur dont a fait preuve le grand Mike à chaque fois que l’occasion lui a été donnée de fouler un parquet. 

Ci-dessous une vidéo filmée depuis le bord du terrain en ce 7 mai 1989. Un point de vue imprenable sur ce chef d’oeuvre de celui qui est considéré comme le maître du basket.

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