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Tony Parker sur le téco : quelles solutions pour Gregg Popovich à la mène ?

Tony Parker

On ne perd pas son meneur de jeu titulaire depuis plus de 15 ans sans conséquence.

Source : zastavki.com

Ce n’est jamais facile de laisser un copain sur le bord de la route. Surtout quand celui-ci a tant donné pour sa franchise. Pourtant, les Spurs doivent tenir bon dans ces Playoffs pour tenter d’obtenir une qualification qui ferait tant plaisir à Tony Parker. Gregg Popovich a très peu de temps pour improviser un nouveau plan d’attaque sans son meneur titulaire depuis près de 15 ans.

La nouvelle tombée ce jeudi soir a plongé la France et toute la ville de San Antonio dans une profonde dépression. Toujours épargné par les gros pépins de santé jusque-là, le mythique numéro 9 s’est flingué le genou gauche et ne réapparaîtra pas en short avant de longs mois. Les images de Dewayne Dedmon et Dejounte Murray portant le vétéran jusqu’au vestiaire n’ont pas fini de se rejouer dans notre tête mais San Antonio doit essayer de vite tourner la page, pour trouver les solutions qui leur permettront de se hisser jusqu’en Finale de Conférence avant d’espérer plus. Tony Parker sera à coup sûr le premier supporter de ses coéquipiers dans cette série face aux Rockets qui semble se compliquer encore davantage après cette blessure. Les railleries à propos de l’âge de l’ancien patron de l’équipe de France et de son niveau déclinant ont vite laissé place aux messages de manque de la part des fans dans le Texas. A 35 ans, TiPi n’est plus le meneur vivace et virevoltant de ses débuts mais il était encore une valeur sûre pour coach Pop. Le natif de Bruges avait déjà fermé pas mal de bouches depuis le début de ces Playoffs en se révélant indispensable pour les Spurs avec 15,9 points à 52,6% au tir, 3,1 assists et 2,5 rebonds de moyenne en un peu plus de 26 minutes. Un ratio d’efficacité impressionnant pour un meneur vieillissant dont le contrat expirera en juin 2018. Mais avant de penser à la suite, les Eperons ont encore des Playoffs à disputer. Même sans leur guide pour distribuer le jeu.

Les Spurs ont cet avantage d’être extrêmement bien gérés et construits. En l’absence de Tony Parker, il reste encore deux point guards de métier à la disposition du gourou de San Antonio. En tout logique, c’est donc Patty Mills qui devrait intégrer le cinq majeur. L’Australien n’a jamais été starter en Playoffs mais il a déjà assumé ce rôle lorsque le meilleur basketteur français de l’histoire soignait un petit bobo à l’infirmerie ou tout simplement quand Gregg Popovich lui accordait un jour de repos. Quand on parle d’efficacité, le compatriote de Matthew Dellavedova n’est pas en reste avec près de 10 points, 2 passes et 2 prises de moyenne en 20 minutes dans ces Playoffs, le tout à 48,2% d’adresse. Plus frais que TP, il peut encore mettre du rythme mais il sait aussi être plus patient et calmer le jeu. Un atout contre les Rockets où San Antonio essaye sans cesse de casser le tempo du match pour limiter les contre-attaques adverses. Patty Mills se voit donc offrir la chance de se montrer mais aussi de prouver à ses dirigeants qu’il pourrait devenir une solution viable au début de la prochaine saison régulière, voire après un éventuel départ du Frenchy dans un an.

Cette blessure représente aussi l’opportunité pour Dejounte Murray de gagner de l’XP pour grimper les niveaux quatre à quatre dans ces Playoffs. Le 29è choix de la dernière Draft n’a pas beaucoup fait parler de lui cette saison mais il a pourtant déjà connu huit titularisations en l’absence du boss. Une belle perf au scoring face aux Nuggets et une bonne impression contre les Cavaliers qui lui promettent déjà un bel avenir dans le style des meneurs hyper-athlétiques aussi capables de faire mouche avec leurs tirs extérieurs. Originaire de l’état de Seattle, comme Jamal Crawford et Nate Robinson, il va avoir son mot à dire pour faire honneur à ses aînés dans la suite de cette série. Jusque-là, il avait été limité à deux petites apparitions contre Memphis et deux face aux Rockets. Son temps de jeu devrait logiquement grimper, Popovich n’ayant pas peur de lâcher les jeunes dans le grand bain quand il les estime prêts. Tony Parker avait 19 ans quand il a intégré le cinq majeur des Spurs. Dejounte Murray a une bougie de plus et pourrait recevoir de grandes responsabilités dans ces Playoffs à commencer par limiter le Barbu en défense avec l’aide évidente de Kawhi Leonard. San Antonio a suffisamment de cadres pour entourer le gamin et le protéger de l’intensité d’un match de post-saison. C’est à ce dernier d’en profiter pour, là encore, détourner R.C. Bufford de son envie de recruter un nouveau meneur de talent pendant la free agency qui approche.

Manu Ginobili et Kawhi Leonard devraient aussi prendre leurs responsabilités à la mène. Du haut de ses 39 ans, l’Argentin est le dernier rescapé du Big Three qui a glané quatre bagues ensemble depuis son arrivée dans le Texas en 2002. Un peu ridé lui aussi, il est condamné à en faire plus alors qu’il passe à côté de ses Playoffs pour l’instant avec une adresse indigne de son statut (27% au tir, 15,8% du parking). Il va falloir plus que le traditionnel Gino Game pour passer face aux voisins de Houston alors que ses minutes vont forcément augmenter avec le forfait de son pote Tony. Un autre leader qui va être attendu porte le numéro 2. Unanimement reconnu comme le grand patron de cette équipe depuis maintenant deux saison, l’homme qui ne sourit jamais vient de recevoir encore un peu plus de charge sur ses larges épaules. Toujours dans la continuité d’une saison de candidat au MVP, The Klaw va donc rajouter sur sa todo list de monter la balle un peu plus régulièrement pour le reste des Playoffs. Ce n’est pas comme s’il était à la fois le meilleur défenseur et la meilleure option offensive des Spurs. Mais si il y en a un qui peut bien gérer toutes ces tâches en même temps sans montrer une seule émotion sur son visage c’est bien lui.

L’absence de Tony Parker laisse plus de vide qu’elle en a l’air pour ceux qui pensaient déjà le Français fini en début de saison. Les solutions existent pour Gregg Popovich mais rien ne remplacera 20 minutes de TiPi. Or, les ajustements doivent s’effectuer dès le Game 3 à Houston, dans la nuit de vendredi à samedi alors que les Rockets ont déjà récupéré l’avantage du terrain. Pop va devoir vérifier tous les pacemakers parce que certains risquent d’exploser si les Fusées commencent à cavaler tout le match.


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