One-on-One

N’attendons pas que Paul Pierce prenne sa retraite pour lui rendre un dernier hommage

Paul Pierce

This is the end.

Source image : YouTube

Ce soir, vendredi 28 avril 2017, Paul Pierce jouera peut-être son dernier match en carrière. Dans l’ombre des stars de sa série et des grands titres de l’actualité, un des plus grands ailiers de l’histoire tirera probablement sa révérence. Une réalité qui nous pousse à devoir sortir notre plume.

Sacré Paulo. Tant d’années passées à ses côtés, à jouir de son jeu et de ses déclarations pointues. Ce sourire en coin, ce bandeau familier, l’assurance d’un vétéran qui a tout connu et cette voix rauque à nous faire croire qu’il a fumé un paquet de Gitanes chaque jour de sa carrière. The Truth ! Pierce, membre intouchable de la tablée des plus grands sur ces quinze dernières années, serveur remarquable au restaurant des meilleurs parleurs, patron de l’hôtel des tirs cruciaux. Ce soir, le futur Hall of Famer sera invité à s’asseoir sur le banc des Clippers, lors du Game 6 qui opposera Los Angeles à Utah. Un match capital pour Chris Paul et sa bande, puisqu’en cas de défaite, ce seront les vacances qui seront offertes au meneur. Des vacances de quelques mois pour lui, mais des vacances éternelles pour Pierce. Oui, cette nuit, nous pourrions bien voir un des plus grands ailiers de l’histoire du jeu prendre sa retraite dans l’obscurité totale. Celle d’un calvaire passé à Salt Lake City, pendant que Doc Rivers patouille dans ses rotations, envoyant Paulo trottiner quelques tristes minutes sur le parquet d’un Jazz victorieux, pour une dernière dose d’adrénaline, comme un dernier rail de basket en poudre. Des moments ultimes qui viendront ponctuer 19 merveilleuses années, remplies de moments inoubliables.

Pourquoi faire cette déclaration, alors que les Clippers peuvent tout à fait forcer un Game 7, rentrer à la baraque et se qualifier de justesse afin d’affronter les Warriors ? Pour ceci. Pour ce processus qui nous tient à coeur et devrait s’installer dans nos habitudes. Ce n’est pas parce que Paul Pierce est éliminé ou vainqueur de sa série qu’il faudra subitement changer notre disposition émotionnelle. L’attitude naturelle et humaine consiste souvent à attendre qu’un être nous quitte pour se rassembler autour de lui et le combler d’éloges. Le quotidien et la vitesse de ses événements ne nous permet pas de prendre ce moment, c’est ainsi. Et c’est comme s’il fallait qu’un élément extérieur justifie cette soudaine attention, dans ce cas précis l’élimination. Non, désolé, nous n’attendrons pas que la vie décide de la façon dont on doit remercier Paul Pierce, ni le moment durant lequel ce faire. Peut-être que pour certains ce sera pus tard, et libre à tout fan d’agir selon ses envies. Mais pour nous, ce sera maintenant. Prendre ce moment pour faire pause et réaliser la chance qu’on a eu en voyant le numéro 34 assassiner bien des équipes, agir de la bonne façon et stimuler nos émotions. Pour tout ça, et tant d’autres choses, merci.

Paul Pierce n’a pas fait un tour de stade de huit mois pour dire au revoir à ses fans et à sa passion. Paul Pierce a simplement écrit qu’il voulait s’arrêter en fin de saison, tout un symbole de discrétion qui caractérise aussi la carrière du bonhomme. Car oui, Paul Pierce était discret mais efficace, incisif et tenace. Paul Pierce, c’était le mec que personne ne voulait croiser dans un quatrième quart-temps, quel que soit le score. Isaiah, Damian, Joe, remballez vos brouettes car personne n’avait celle de The Truth. Paul Pierce fit des Celtics une armée relou quelle que fût l’année de sa carrière, grâce à sa compétitivité, son leadership et un bagage offensif remarquable. Paul Pierce fût l’ailier qui créa le plus d’emmerdes chez LeBron James, ce n’est pas nous mais le cyborg qui le dit. Paul Pierce n’avait rien à foutre à Boston, grand fan des Lakers et loin d’aimer la fraîcheur du Massachusetts. Sauf que Paul Pierce a persévéré, pris 11 coups de couteaux dans un incident dont le récit vous glacerait le sang, et gardé le cap en ayant ses yeux rivés sur son objectif. Paul Pierce a apporté un titre à Boston, et quel titre putain. Paul Pierce ira au Hall of Fame, et quelle future cérémonie putain. Paul Pierce a serré la main de Larry Bird, tapé dans le dos de John Havlicek et souri en serrant Bill Russell dans ses bras, car Paul Pierce est bien un des meilleurs joueurs de l’histoire des Celtics. Brooklyn, Los Angeles, des conneries de fin de carrière comme on en voit tous les ans. Paul Pierce reste Boston, est à Boston, est Boston, il n’a fallu qu’une fin de match légendaire en février dernier pour le rappeler.

Dix fois All-Star, une fois champion et MVP des Finales, environ 15 fois nommé le joueur le plus clutch de la Ligue et 100 fois adoubé dans le monde du trashtalking, Paul Pierce est sur le point de nous quitter. Demain, après-demain, dans une semaine, ce soir, on s’en fout. Car lorsqu’il faut remercier un des plus grands joueurs de l’histoire pour avoir bercé nos fins de matchs pendant deux décennies, il n’y a pas d’horloge qui compte. Sauf celle qui s’est écoulée avec des dizaines de tirs au buzzer, signés The Truth.

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