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Playoffs Revival : Isiah Thomas score 25 pions en un quart-temps et sur une jambe

Playoffs revival Isiah Thomas

Pas de cheville, pas de problème pour Isiah.

Source image : Youtube

La saison régulière, c’est sympa, les matchs se multiplient, mais on ne regarde parfois certaines rencontres que d’un œil discret. Pour vous aider à tenir dans ces instants difficiles, voici un de nos petits retours sur les grands moments de l’histoire des Playoffs. Parce que c’est à cette période de la saison que les légendes naissent et que les fauves sortent les crocs.

Les fans de NBA des années 2010 peuvent s’extasier sur les exploits d’Isaiah Thomas sous le maillot des Celtics. Mais avant lui, un quasi-homonyme régalait la Conférence Est, du côté de Détroit par contre, au point de faire partie depuis 2000 du prestigieux Hall of Fame. Ce natif de Chicago, leader technique des Bad Boys, c’est Isiah Thomas dont l’un des plus grands matchs est malheureusement pour lui synonyme de défaite. Et de douleur.

Le contexte – le Showtime au sommet et l’émergence des Bad Boys

Lors de la parade qui suit le titre de 1987 des Lakers, Pat Riley l’ouvre. Et pas qu’un peu. Entre confiance, arrogance et motivation pour ses joueurs, le gominé le plus célèbre de la Ligue pose les c******* sur la table et promet le back-to-back à la foule venue fêter les champions NBA. Difficile d’accrocher une plus grosse cible dans le dos de ses hommes, les autres équipes n’ayant pas forcément apprécié cet orgueil. Mais peut-être que le coach maîtrisait juste parfaitement le niveau de sa troupe, puisque quelques mois plus tard, Los Angeles est présent au rendez-vous des Finales NBA sans avoir tremblé ou presque : avec 62 victoires durant la saison régulière, personne n’a fait mieux qu’eux et leur bilan est à peine moins bon que celui de l’année précédente (65-17). Les Playoffs sont tout de même plus compliqués, puisqu’après avoir sweepé les Spurs au premier tour, les Angelinos doivent passer par des Game 7 décisifs en demi-finale puis en finale de Conférence. Avant de se frotter aux Pistons lors de l’ultime marche.

Car du côté du Michigan, les Bad Boys commencent à faire régner la terreur et terminent la saison régulière avec 54 victoires pour 28 défaites, record de la franchise à l’époque. Parfait pour dire au revoir au Pontiac Silverdome avant de rejoindre dès l’année suivante le Palace d’Auburn Hills. Sous les ordres de Chuck Daly, ils présentent la troisième meilleure défense de la Ligue et sont la seconde équipe en terme d’efficacité de ce côté du parquet. Il faut dire que l’équipe est axée sur un style de jeu rugueux et défensif qui fait merveille. Entre intimidation, coups bas mais également talent, les Pistons se hissent en Finales NBA pour la première fois depuis leur arrivée à Détroit (deux apparitions dans les années 50 à l’époque où la franchise siégeait à Fort Wayne). L’équilibre mis en place avec une bonne dose de testostérone et de muscle apportée par des joueurs comme Bill Laimbeer, Rick mahorn ou Dennis Rodman et la technique d’Adrian Dantley ou Joe Dumars peut se résumer en un seul homme qui combine à la fois le vice en défense et la classe en attaque, Isiah Thomas aka Zeke. Adoré des siens, détesté de ses adversaires – à l’image de cette équipe – il drive parfaitement les Bad Boys, s’appuyant à la perfection sur les qualités des uns et des autres. Plus besoin de poster plus de 20 pions et 10 caviars tous les soirs contrairement aux quatre saisons précédentes, le reste du roster suit. C’est ainsi qu’après avoir choppé la seconde place à l’Est, les Pistons se farcissent Washington, le fion de Jordan et des Bulls mais surtout les Celtics pour pouvoir affronter les Lakers.

Pour entamer cette confrontation, les Pistons s’imposent au Forum d’Inglewood et reprennent donc l’avantage du terrain. Pas pour très longtemps car les Lakers enchainent deux victoire, la première à domicile et la seconde dans le Michigan, pour remettre les pendules à l’heure. Les Bad Boys remportent ensuite les deux matchs suivant chez eux. Il ne leur reste donc plus qu’à conclure, mais en Californie. Deux ultimes cartouches, il ne faudra pas se manquer à L.A.

La performance – pas de cheville, pas de problème pour Isiah Thomas

Cela commence plutôt bien lors du Game 6 puisque les Bad Boys d’Isiah Thomas bouclent le premier quart en tête, 26 à 20. Mais les Lakers ne comptent pas se laisser faire chez eux et mettent un coup d’accélérateur lors de la période suivante pour prendre sept longueurs d’avance à la pause, en passant 33 pions en douze minutes sur la défense des Pistons. Pour autant, la messe est encore loin d’être dite et Zeke prend les siens sur ses épaules alors que les Angelinos se retrouvent devant (56-48) en début de troisième quart-temps. Il score alors 14 pions en déployant tout son arsenal : deux lancers-francs, pour se chauffer, un panier proche du cercle après un rebond offensif, trois jolis jumpers, un shoot avec la planche et un lay-up. Venez le chercher, il rappelle aux fans que quatre ans plus tôt, il avait envoyé 16 points en 94 secondes lors d’un quatrième quart-temps face aux Knicks de Bernard King, en Playoffs. Mais alors qu’on pensait la machine définitivement lancée pour mettre la main sur le titre – ou du moins prendre une sérieuse option – le match bascule. Sur une contre-attaque qu’il a lancée lui-même après un rebond défensif, Isiah Thomas lâche la gonfle. Et perd sa cheville. Dans la continuité de son geste, il marche sur le pied de Michael Cooper et l’articulation vrille. Il reste alors un peu plus de quatre minutes dans le troisième quart, et la grimace du meneur laisse craindre le pire.

Mais trente-cinq secondes plus tard, Isiah Thomas revient sur le parquet, tel un Willis Reed souhaitant insuffler un souffle victorieux à ses coéquipiers. Mais la comparaison s’arrête là car contrairement au New-yorkais en 1970, le numéro 11 des Pistons va peser sur la rencontre en envoyant 11 points supplémentaires (sur les 15 de son équipe) dans la musette des Angelinos avant même l’entame du dernier acte. De quoi finir cette troisième période avec 25 unités – record pour les Finales NBA – à 11 sur 13 au tir, le tout en offrant deux points d’avance à son équipe, 81-79. Du courage, de l’abnégation et du leadership. Pour rien. Car douze minutes plus tard, ce sont les Lakers qui repartent avec la victoire. Grâce au coup de pouce des arbitres qui sifflent une faute fantôme de Laimbeer sur Abdul-Jabbar selon certaines sources. Ce qui laisse certainement un goût amer dans la bouche d’Isiah Thomas qui a sorti ce soir-là la meilleure performance possible pour une défaite en Finale NBA : 43 points à 18/32 dont 2/3 du parking, 3 rebonds, 8 passes, 6 interceptions, 1 contre et donc une cheville abandonnée. Mais plus que cette ligne de stats, c’est la détermination avec laquelle Zeke s’est repointé sur le parquet qui a marqué les esprits. Et l’histoire des Playoffs.

La suite – le titre attendra, mais pas trop

Suite à cette blessure, Isiah Thomas n’a pas pu peser lors du match décisif et les Lakers sauront en profiter pour asséner le coup fatal aux Pistons et ainsi réaliser la prophétie de Pat Riley, en grande partie grâce à un énorme James Worthy. Mais ce coup-ci, Patoche ne s’aventurera pas à annoncer un Threepeat pour ses hommes, histoire d’éviter de leur foutre la pression. Pour autant, cela ne leur permettra pas d’aller chercher ce troisième titre, malgré un nouveau voyage en Finales NBA. En effet, les Bad Boys auront l’occasion de prendre leur revanche en 1989 et le feront de manière expéditive puisque les Pistons mettront un grand coup de balai sur Los Angeles. Joe Dumars repartira avec le trophée de MVP. Et lors du back-to-back en 1990, c’est bien Isiah Thomas, le métronome de cette équipe, qui recevra la distinction suprême. Tout en conservant sa cheville cette fois-là.

Une performance exceptionnelle qui illustre parfaitement l’abnégation et la dureté des Pistons dont Isiah Thomas était l’un des symboles. Bien sûr, quand on pense aux Bad Boys, c’est avant tout leur défense qui nous vient à l’esprit. Mais il y avait aussi de la technique et du talent offensif.

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