Old-School

Bobby Jackson : le poumon, le coeur et les couilles des Kings de la belle époque

Nombreux furent les joueurs qui aidèrent les Kings du début des années 2000 à cartonner, mais peu étaient aussi appréciés que Bobby Jackson : une dynamite sur pattes, avec un moteur immense.

Il fallait bien envoyer un petit coucou au Sixième Homme de l’Année 2002-03, lui qui fête son anniversaire le 13 mars. Une façon de souffler les bougies avec lui, mais aussi rappeler quel grand joueur ce fût. D’un pur point de vue historique et statistique, il est clair que Jackson ne sera probablement pas élevé au même rang que les légendes de son époque. Verrouillé sur le banc de Rick Adelman, Bobby n’a jamais dépassé la barre des 16 points de moyenne. Sa meilleure année fût donc celle du sacre individuel, lorsqu’il tourna à 15,2 points de moyenne en tant que remplaçant, claquant cette production en 28 minutes, siouplé. Mais comme ses coéquipiers de l’époque le disaient, et comme les fans de la franchise le souligneront très certainement, Action Jackson était fondamental dans la réussite des Kings, comme dans leur entente quotidienne. Son énergie, son sourire, son professionnalisme, tant de choses qui le rendaient si appréciable, important et identitaire lorsqu’il dynamitait les défenses adverses.

Le gamin d’une fratrie de 12 joueurs en quelque sorte, qui veillait à ce que tout le monde soit de bonne humeur, comme cette anecdote le soulignait à l’époque. En perdant sa mère d’un cancer du sein en 2003, Bobby était dévasté et n’avait besoin que d’une chose, ses coéquipiers. Sa seconde famille, celle avec qui il vivait au quotidien. De retour dans son équipe, le jeune joueur avait imprimé des t-shirts avec marqué Sarah, en hommage à celle qui lui avait donné la vie. Les Kings, en accord avec lui, avaient alors distribué ces derniers à chaque membre du vestiaire de l’équipe, afin qu’ils les portent pour le match suivant. Vlade Divac, Chris Webber, Doug Christie, tous. Sauf qu’à l’époque, la NBA était encore assez stricte sur les fringues à porter. Jackson avait donc prévenu ses gars qu’une amende devrait être payée s’ils les portaient en hommage pendant l’échauffement ainsi que l’hymne national.

“J’ai dit aux gars qu’ils seraient tous punis avec une amende s’ils se ramenaient au match avec. Mais ils ont tous dit que c’était ma mère dont il s’agissait, pas la Ligue. Ils ont ajouté qu’ils allaient tous le porter, pour me soutenir. Cela m’a montré que tous ces gars étaient avec moi jusqu’au bout, et que j’en ferais de même. […] C’est ce genre d’équipe qu’on avait. En dehors des terrains, on était une vraie famille. Toutes les équipes devraient être comme ça.”

Non seulement les joueurs ont tous soutenu Bobby Jackson en portant le t-shirt en question, mais ils ont également sucré leur seul jour de repos pour assister aux funérailles de sa mère en Caroline du Nord. Voilà aussi qui étaient ces Kings. Pas seulement des basketteurs qui proposaient un jeu spectaculaire et voulaient taper la gueule des grands marchés. C’était aussi une famille, avec un gamin infernal en son centre, qui se plaignait rarement et assurait tous les soirs. Un garçon qui en avait eu gros la patate, et souhaitait simplement compter sur ses coéquipiers pour l’occasion. “Il n’y aurait pas eu d’équipe aussi grande sans Bobby”, répétait Chris Webber un soir de 2009, lorsque Sacramento rendait hommage à son ancienne dynamite. Une équipe qui a failli faire chuter les Lakers de Shaq et Kobe, une équipe qui donnait du plaisir à chaque fan de basket, et un Action Jackson qui était la crème de la crème chez les remplaçants des années 2000.

Si les fans d’aujourd’hui tremblent devant Jamal Crawford et son statut de Sixième Homme ultime, il ne faut pas oublier que son prédécesseur était Bobby Jackson : un grand scoreur, avec un sourire touchant et un impact énorme sur ses fans.

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