One-on-One

Mikhaïl Prokhorov a enfin trouvé la paix intérieure : après le rush du début, la patience est venue

Le milliardaire russe Mikhaïl Prokhorov, propriétaire des Nets depuis 2009, avait pour ambition de remporter un titre NBA au plus vite. Sa stratégie ayant échoué, il semble s’être enfin résolu à la patience.

Pour bien comprendre l’énergumène qu’est Mikhaïl Prokhorov, revenons quelques années en arrière : en 2009, l’homme d’affaires investit 200 millions de dollars pour devenir actionnaire majoritaire des New Jersey Nets. Plein d’ambition pour son nouveau jouet, il finance dans la foulée une nouvelle salle, dans le quartier de Brooklyn, pour 700 millions de dollars. Les Nets déménagent en avril 2012 dans leur nouvel écrin : le Barclays Center. Comme annoncé par son nouveau propriétaire, la franchise change alors de nom et devient les Brooklyn Nets. Nouvelle salle et nouvelle image (avec la marque Brooklyn portée par Jay-Z, actionnaire minoritaire du club), tout va très vite chez les Nets. C’est que Mikhaïl Prokhorov, dont la fortune est estimée aux alentours de 15 milliards de dollars, n’a pas l’habitude d’attendre : il veut tout et tout de suite. Or, en NBA, le graal, c’est le titre de champion. Dès son arrivée à la tête de la franchise, Prokhorov avait d’ailleurs déclaré vouloir gagner un titre dans les cinq ans. Le temps presse. C’est ainsi qu’à l’intersaison 2013, les Boston Celtics, avec Paul Pierce et Kevin Garnett vieillissants et le départ de Ray Allen l’année précédente, veulent engager une reconstruction. Ni une ni deux, les Nets et Billy King, le GM de l’époque, sautent sur l’occasion : un échange est monté. Les deux légendes vertes Paul Pierce et Kevin Garnett ainsi que Jason Terry rejoignent Brooklyn en échange de plusieurs joueurs de seconde zone et du vétéran Gerald Wallace mais surtout des premiers tours de draft 2014, 2016 et 2018 des Nets et la possibilité d’échanger leurs choix en 2017.

Dans le même temps, Jason Kidd, est enrôlé en tant que coach. C’est la première expérience d’entraîneur de l’ex-meneur mythique des Nets. Cette pléiade de stars fait littéralement exploser les compteurs de la luxury tax. Mais Prokhorov s’en fout, il pense tenir sa Dream Team. Il faut dire que sur le papier, ça a de la gueule ! Le cinq majeur ? Rien de moins que Deron Williams, Joe Johnson, Paul Pierce, Kevin Garnett et Brook Lopez, tous All-Star. Sauf qu’entre la fragilité de certains et l’âge des autres, l’équipe est loin de rouler sur tout le monde. Finalement Brooklyn terminera sixième à l’est, battant en sept manches les Raptors au premier tour des playoffs, avant d’être sèchement éliminé par le Heat. Paul Pierce s’en va à Washington et l’équipe finira seulement huitième l’année suivante. L’échec est cuisant. Aujourd’hui, l’effectif des Nets est faible et les Playoffs sont absolument inaccessibles. Tanker ? Inutile, la franchise est privée de ses premiers choix de draft pour deux années encore, ceux-là même qu’elle avait refilés à Boston. C’est Danny Ainge, le GM des Celtics terriblement critiqué lors de l’échange de 2013, qui doit bien se marrer… Les Nets sont donc condamnés à ronger leur frein pendant encore deux ans minimum, et Mikhaïl Prokhorov semble l’avoir enfin compris :

« J’essaie d’être zen à ce sujet. C’est le processus, comme ils disent », soupire presque Prokhorov.

« Ils », ce sont notamment Kenny Atkinson, le nouveau coach, qui s’inscrit dans la durée, et Sean Marks, qui a remplacé Billy King au poste de GM en février 2016. Marks, comme il le dit lui-même, avait annoncé la couleur d’emblée : « C’était clair lors de notre première rencontre. J’avais dit ‘si vous cherchez une solution à très court terme ou similaire à ce que vous faisiez avant, je suis le mauvais gars’ ». Marks le sait, un titre NBA se gagne sur le long terme. En ce qui concerne les Nets, ce sera même le très long terme. Mais Sean s’est déjà bien mis au travail, même si les résultats ne s’en ressentent évidemment pas encore. Le GM néo-zélandais est actif au niveau des trades en essayant de récupérer des tours de draft et des joueurs en devenir, mais pas uniquement ! Il a aussi mis en place un groupe d’analyse haut de gamme, un staff de qualité qui fait un travail individualisé avec chaque joueur, des interactions régulières avec des préparateurs mentaux et même une meilleure prise en charge des familles de joueurs afin de créer un environnement plus agréable. Plus rien n’est laissé au hasard à Brooklyn. Comme Marks l’explique, atteindre l’excellence prend des années, pas seulement quelques mois. Et son boss, Mikhaïl Prokhorov, plus en retrait, lui fait confiance : « J’adoptais la même approche que pour le business, qui d’ailleurs, m’a apporté beaucoup de succès. Mais il n’y a pas de raccourci pour gagner un titre. Cela requiert la patience de construire, étape par étape. »

Si on sent bien que le magnat russe force sa nature, il a tout à fait raison : il faut laisser le temps à ses hommes de faire leur travail et de construire un projet cohérent à Brooklyn. Car, si la NBA est un business, cela reste avant tout du basket, du sport. Or, le sport n’est pas un business comme les autres. Prokhorov l’a enfin compris, et ce n’est pas trop tôt pour les Nets, qui vont maintenant pouvoir évoluer dans la sérénité!

Source : REALGM.COM

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