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Comment comprendre l’arbitrage en NBA – Chapitre 2 : connaître la NBA et son présent

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Source image : BallWorld

C’est un des sujets qui agace le plus les fans au quotidien : l’arbitrage en NBA. Entre marchés non-sifflés, traitements de faveur et changement de décisions au quotidien, suivre un match peut parfois devenir exténuant dans notre Ligue. Comment comprendre les hommes au sifflet ? Voici le guide ultime, pour ne plus avoir à péter un plomb à 3h du matin.

Chapitre 1 : ici

Pas un jour ne se passe, sans qu’une vidéo ne surgisse sur les réseaux sociaux et crée une discorde dans la communauté basket. Tel un péage de la honte, la critique de l’arbitrage en NBA s’est installée dans nos petites habitudes. Non mais regarde, il marche ! Attends, genre y’a pas faute là au buzzer ? Chaque jour, c’est la même. Tout cela est bien triste, mais pour éviter de rester dans cette frustration permanente, il convient de savoir à quel jeu nous jouons. Car c’est bien là le point sur lequel nous allons nous poser et vous inviter. Avant de vous lancer dans un jeu de société, vous lisez bien les règles, non ? Il en va de même pour la NBA, qui a ses propres codes et règles, éloignées de celles enseignées dans toutes les écoles de basket. Oui, cela peut paraître idiot au premier abord, sachant qu’on devrait partager le même bouquin signé James Naismith. Mais il est important d’installer ce premier matelas pour mieux comprendre la suite. Nous allons donc faire ce voyage ensemble, celui qui nous emmènera dans les profondeurs de la Ligue et de ses arbitres.

Chapitre 2 : connaître la NBA et son présent

Pour parfaitement comprendre ce nouvel épisode, nous vous invitons à consulter le Chapitre 1 qui est un amuse-gueule axé sur le passé de la Ligue. Nous terminions ce dernier en indiquant que, face à des années 90 voyant le scoring chuter globalement et l’image du jeu changer, David Stern préparait une série de décisions qui allaient favoriser les attaquants dans le sport moderne. Du coup, en ce qui concerne l’arbitrage pur, les adaptations deviennent diverses et variées, comme vous pourrez le voir dans les prochains chapitres. Les hommes au sifflet se mettent à favoriser encore plus les stars, on donne au public local des coups de pouce logiques, en bref la Ligue doit continuer à grandir et elle commence à comprendre son business model. Car c’est bien là un point que de nombreux fans semblent omettre au quotidien : la NBA est une entreprise, il ne faut jamais l’oublier. Il s’agit certes d’un championnat proposant les meilleurs basketteurs de la planète, mais c’est aussi une boîte, avec son patron, ses règles, son modèle à suivre et donc son besoin de nourrir les satisfactions de ses clients. Comprendre l’arbitrage d’aujourd’hui, c’est aussi comprendre ce que la NBA pense dans ses coulisses, dans ses grands bureaux new-yorkais.

Comment rattraper le football américain ou le baseball qui sont rois chez l’Oncle Sam, agrandir sa place sur le marché et rester la vitrine idéale pour un sport de plus en plus apprécié ? Le jeu doit coller aux exigences du public, aussi triste cette phrase soit-elle à écrire pour les puristes que nous sommes. Ce qui ne veut pas dire qu’Adam Silver contrôle absolument tout ce qui se passe actuellement devant notre naïveté globale, telle une WWE scénarisée de A à Z, mais il y a une part aussi évidente que logique de contrôle dans l’évolution du jeu, pour faire tout simplement tourner la boîte et titiller les boutons de satisfaction des fans. Et c’est notamment cette pensée collective chez les hauts-placés qui mène à des décisions ou nouvelles règles sur lesquelles on pourra appliquer le label pro-offense. En 1995, le hand-checking est quasiment rendu interdit, ce qui permettait aux défenseurs de garder une main sur leur attaquant afin de le freiner et le diriger. En 1997, on retire carrément l’avant-bras comme point d’appui pour contenir un attaquant, laissant les défenseurs dans une merde royale. En 2001, on impose de passer la ligne médiane en moins de 8 secondes au lieu de 10 précédemment, afin d’accélérer le rythme de jeu. L’attaque doit reprendre le pas sur la défense selon Stern et ses sbires, même si cela demande des années d’adaptation et de régulation. C’est cette envie presque maladive qui contribuera aux changements fondamentaux dans l’arbitrage de nos jours.

Mais le point d’exclamation viendra probablement en 2009, avec la légalisation du pas supplémentaire dans la plupart des situations en mouvement. Une cartouche directement tirée dans le coeur de James Naismith, fondateur de notre sport adoré, et qui symbolise parfaitement les intentions de la Ligue. Il y a le basket comme sport, qu’on peut pratiquer en apprenant ses bases dans des clubs et à l’école, puis il y a le basket comme la NBA, qu’on regardera pour se divertir tout en lui gardant un aspect de compétition aussi élitiste qu’intense. Et comme par hasard ? Petit à petit, les modifications portent leurs fruits et la Ligue voit son équation prendre forme. Favoritisme pour les attaquants, scoring à nouveau en hausse, arrivée de nouvelles superstars, business qui monte en flèche, logique respectée. Alors certes, ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus souhaitable pour le jeu, mais la NBA voit l’impact positif de ses décisions avec une machine qui tourne à plein régime et des stars de plus en plus suivies au quotidien. Et dans cette dynamique de développement, les arbitres doivent s’adapter à cette “dictature” de la pensée offensive, un point sur lequel nous nous pencherons dans le prochain épisode.

Voilà pour ce premier matelas historique en deux chapitres, qui va désormais nous permettre de nous focaliser sur le jeu et sur les arbitres. On rentre dans le vif du sujet, donc on range son sifflet et on se prépare pour la suite.

Chapitre 3 : ici


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