One-on-One

Doc Rivers est le champion du jour : reposer Blake Griffin, péter un plomb, puis perdre à Brooklyn

Doc Rivers

J’AVAIS DEMANDÉ DES POTATOES.

Source image : NBA League Pass

Dans la défaite des Clippers hier soir à Brooklyn, plusieurs acteurs se sont illustrés mais aucun n’a vraiment pu égaler la performance du Doc, qui était aussi belle en début qu’en toute fin de rencontre…

Il va falloir réinstaller le contexte en entier, afin de bien comprendre pourquoi le coach de Los Angeles a mérité ce titre honorifique, celui de champion du jour. Certes, sur son CV, Rivers a déjà eu droit à cette médaille puisqu’il nous a offert des sorties épiques en Playoffs comme en saison régulière par le passé, mais ce mardi c’est une démonstration globale qui a été déroulée par le Doc, et qui met la franchise dans une belle situation aujourd’hui.

Le contexte, donc.

Après deux défaites consécutives en déplacement, chez les Pistons et plus récemment les Pacers (orphelins de Paul George, doit-on le souligner), le stratège se rendait à Brooklyn avec pour mission unique de remporter son match face aux Nets, quoi qu’il arrive. Un défi assez aisé en apparence, puisque l’armée dirigée par Kenny Atkinson était sur 7 revers consécutifs, et les Clippers leur en avaient déjà mis une trentaine lors du premier rendez-vous de la saison. Sur le papier donc, un challenge easy… mais qu’il fallait valider avec sérieux. Ce que le Doc ne fera évidemment pas, en surprenant pas mal de monde dès l’entre-deux : Blake Griffin mis au repos, les fans froncent les sourcils à l’unisson. Comment se fait-il que l’intérieur ne joue pas ? Devant cette interrogation, plusieurs éléments s’élèvent et nous imposent de devoir les présenter. On revient donc au match dans quelques minutes, le temps d’un court virage qui va prendre tout son sens par la suite. Piste principale du repos, Blake est blessé au mollet. Alors que le joueur nie cette affirmation en bloc et son coach souligne après le match que cette décision de le reposer n’avait aucun rapport avec quelconque pépin physique, on retrouve une discussion entre Rivers et son staff via le L.A Times, dans laquelle il est question de reposer ses joueurs pendant la régulière. Rien de choquant jusque là, les Spurs font pareil avec certains cadres et d’autres franchises aussi, alors pourquoi pas eux ? En négo avec l’équipe chargée des statistiques biométriques, Blake comprend rapidement que c’est mieux ainsi et qu’il doit gentiment avaler la pilule. Le seul souci, et c’est là que le contexte prend du poids, c’est que cette décision avancée en août… n’est pas la même fin-novembre.

Et là-dessus, le Doc régale. Car après deux grosses défaites de suite en déplacement, reposer une de ses stars en novembre est pour le moins une méthode assez étonnante. Aurions-nous évoqué ce sujet, si Chris Paul et ses potes avaient bouclé l’affaire comme des grands au lieu de s’effondrer dans le dernier quart ? Peut-être pas, ou du moins le paysage aurait été différent. Car pendant que les Clippers reposent des athlètes de 27 ans en pleine régulière et sans back-to-back, d’autres équipes qu’on ne citera pas Warriors Spurs Cavaliers Raptors Bulls Celtics Hawks Rockets Thunder font le nécessaire à l’automne avec leurs jeunes en sachant que la Ligue ne viendra pas les faire chier à partie de mars. Exemple typique de ce sujet, Kyrie Irving reposé l’an dernier pour un match de régulière face aux Knicks, sans back-to-back… et en mars, donc avec un classement déjà bien dessiné. Mais encore une fois, nous ne sommes pas dans le staff de Rivers, nous n’avons pas toutes les données, si ce n’est les retours de l’intéressé et de Blake Griffin avant puis après le match. L’intérieur était d’ailleurs ravi de voir son équipe s’effondrer sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit, lui qui avait assuré à son staff que tout allait bien avant le match. “J’étais frustré avant la rencontre, mais maintenant c’est encore pire. Si c’est ce que notre coaching staff et notre staff médical pensent qu’il y a de mieux à faire, alors on doit suivre en tant que joueurs.” Politiquement correct le Blake, même sil sera très heureux de réaliser que sa soirée de repos a été utilisée pour une défaite chez les Nets avant de se rendre ce jeudi… chez des Cavs qui ont perdu à Milwaukee.

Revenons cependant au match, car c’est là le plus important des éléments du dossier Rivers. C’est vrai, après tout, reposer Blake Griffin est compréhensible même si ça reste une idée peu sérieuse après deux lourdes défaites. Par contre, se faire remonter par les Nets dans un quatrième quart-temps en menant de près de 15 points, là y’a tout de suite moins de compréhension. Sean Kilpatrick qui prend feu et Kiltoutlemonde, cela peut arriver lors de n’importe quel duel. Le problème ici, au-delà du fait que cela arrive comme par hasard assez souvent au Doc, c’est que voir Brooklyn montrer plus de sérénité et de self-control que Rivers dans un moment chaud est une perspective peu rassurante pour la suite. On l’a vue se produire par le passé, on a croisé les doigts pour qu’elle disparaisse, et les joueurs étaient les premiers à montrer un début d’évolution en diminuant les plaintes du money-time envers les arbitres. Mais en voulant rentrer dans Ken Mauer ainsi que Lauren Holtkamp après une décision arbitrale mitigée puis une technique doublée, le Doc a tiré une balle dans son propre pied ainsi que celle de son équipe. On vous fait le dessin rapidement, essayez de réveiller Mike Woodson de sa sieste pour lui demander de prendre le relais et vous aurez probablement droit à une équipe en perdition. Ding dong, les Nets ont géré leur business lors de la deuxième prolongation et sont repartis avec la gagne. Pendant ce temps-là ? Rivers rouspétait dans le vestiaire, Blake tirait la gueule en croisant les bras dans son t-shirt, et les autres gars du cinq regardaient leurs pompes. Ce qui est évidemment le plus frustrant dans cette affaire. Car une défaite à la con et un joueur reposé, ça arrive et on peut passer outre. Mais de cette manière et dans un contexte aussi particulier, il y a grande performance.

Du coup, on ne peut que croiser les doigts afin que Doc Rivers ferme notre gueule. Qu’il se rende avec les siens au complet chez les Cavs ce jeudi, qu’il gagne dans la Quicken Loans Arena et en antenne nationale, qu’il montre une stabilité plus rassurante et que ses joueurs retrouvent leur belle forme du début de saison. Mais si les Clippers enchaînent une quatrième défaite de suite, que les joueurs font la gueule et que le fameux repos de novembre joue négativement dans le classement futur, on sait déjà qui convoquer au tribunal de la balle orange…

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