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Russell Westbrook et ses statistiques historiques : déjà plus dingue que Big 0, le marsupial est orgasmique

Russell Westbrook, TrashTalk Fantasy League

Doucement Russell, tu es en train de brusquer les anciens…

Source : YouTube

Les records – même les plus fous – sont faits pour être battus. Certains paraissaient absolument hors d’atteinte il y aencore peu de temps, comme par exemple la saison (1961-1962) en triple-double de moyenne d’Oscar Robertson. Et puis, il y a eu ce départ de Kevin Durant pour les Warriors. Il y a eu ce Russell Westbrook laissé seul maître à bord avec une haine enfouie. Et maintenant, il y a ce début de saison complètement fou du meneur du Thunder car ce qu’il fait est déjà plus dingue que ce qu’avait fait Big O à son époque. Statistiques à l’appui. 

Avec un nouvel énorme triple-double la nuit dernière au Madison Square Garden, son troisième de suite et son huitième depuis le début de l’exercice 2016-2017, Westbrook tourne donc à 30,9 points, 10,4 rebonds et 11,3 passes décisives de moyenne sur les 19 matchs d’Oklahoma City cette saison. Le vingtième aura lieu demain, mercredi 30 novembre, et sauf cataclysme incroyable Russell le marsupial sera le deuxième joueur de l’histoire à entrer dans le mois de décembre en triple-double de moyenne après Oscar Robertson lors de la saison 1961-1962 comme le rapporte ESPN.

Oscar Robertson : le seul avec un triple-double de moyenne en entrant en décembre (1961-62). Russell Westbrook est en train de le faire (encore un match).

Oui, il faudrait même plus qu’un cataclysme pour que Westbrook ne débarque pas en décembre en triple-double de moyenne, car il en est aujourd’hui à 588 points, 197 rebonds et 215 passes décisives. Ce qui veut dire qu’il ne lui manque que 3 rebonds pour atteindre ce cap et rejoindre Oscar Robertson dans les livres d’histoire sur ce point. Ce qui va déjà constituer un sacré exploit. Mais, en plus, quand on fouille en profondeur dans les statistiques afin de vraiment comparer la performance du Big O et ce qu’est en train de proposer Russell Westbrook, on se rend compte que le numéro 0 d’OKC explose tout simplement les standards mis en place par son aîné. Oui, il les explose.

Il y a deux gros arguments pour pouvoir affirmer cela. Deux arguments statistiques puisque c’est de cela dont il s’agit pour Robertson et Westbrook. Le premier concerne la “pace” en NBA, le nombre de possessions en moyenne sur 48 minutes . Sur la saison 1961-62, les Cincinnati Royals avait cet indicateur à 124,9 au sein d’une ligue à 126,2 de moyenne. Cette saison, la pace moyenne est à 96,7 et le Thunder est à 98,7 (8ème de la ligue). La différence est énorme, environ 26 possessions de moins par match ! Car plus il y a de possessions plus il y a d’opportunités de noircir la ligne de stats pour faire des triple-doubles. Assez élémentaire comme constat mais tellement incontournable. Cela s’explique évidemment par le fait que le jeu n’était pas du tout le même dans les années 60, qu’il était beaucoup moins tactique, beaucoup moins fermé qu’aujourd’hui même si on revient doucement vers des bases bien plus offensives que ce que nous avons pu connaître dans les années 90 ou au début des années 2000 par exemple.

Deuxième gros argument statistique : les minutes. En 1961-62, l’ami Oscar affiche 30,8 points, 12,5 rebonds et 11,4 passes décisives en 44,3 minutes par match lors des 80 sorties auxquelles il a participé. Pour l’instant, ce bon Russell envoie la ligne de stats qu’on lui connait en “seulement” 35,4 minutes de moyenne. Et oui, “seulement”. Encore une fois, ça fait une sacrée différence. Pour le fun, on s’est amusé à transposer les stats de Westbrook sur 44,3 minutes et voici ce que ça donne : 38,7 points, 13 rebonds et 14,1 passes décisives… Bon, là c’est vraiment pour le fun car la NBA moderne est ainsi faite, son rythme et son intensité sont telles qu’il est difficilement imaginable qu’un gars puisse jouer 44 minutes par match sur toute une saison. Une preuve de plus quelque part que la NBA des années 60 était un autre sport que celui pratiqué aujourd’hui et depuis les 90’s. Pour autant cela n’enlève rien aux statistiques pharaoniques envoyées par Oscar Robertson ou Wilt Chamberlain notamment. Mais faire ce genre de comparaisons est toujours intéressant et permet de mettre en persepective les exploits réalisés à l’époque dans une ligue à moins de 10 équipes où l’on jouait en converse All-Star.

Ceci nous amène d’ailleurs à un troisième argument, probablement moins tranchant que les deux premiers, encore que… Sur la saison 1961-62, seulement 9 équipes étaient engagées en NBA pour environ 110 ou 120 joueurs. Aujourd’hui, la densité n’est pas du tout la même. Russell Westbrook évolué dans une ligue comprenant environ 450 joueurs dont un tripotée de monstres athlétiques et il domine, soir après soir. En tous cas, on ne sait pas si Westbrook va tenir ce rythme jusqu’au mois d’avril prochain mais on sait déjà qu’il est sur des bases encore plus monstrueuses que ce qu’avait pu proposer Robertson. Et ça, c’est déjà tellement dingue ! Enfin, histoire de conclure ce déballage indécent de statistiques affolantes, on peut même se demander si l’ami Westbrook ne serait pas un candidat crédible tout bonnement pour la plus grosse saison statistique de l’histoire, en cas de triple-double entretenu sur le reste de l’exercice bien évidemment. Chers apôtres de Chamberlain ou fans invétérés de Jordan, ne bondissez pas, on se pose juste la question et voici quelques unes des plus grosses orgies chiffrées sur une saison, histoire de comparer :

  • Wilt Chamberlain (1961-62) : 50,4 points (50,6% au tir), 25,7 rebonds en 48,5 minutes de moyenne
  • Oscar Robertson (1961-62) : 30,8 points, 12,5 rebonds, 11,4 passes décisives en 44,3 minutes de moyenne
  • Michael Jordan (1988-89) : 32,5 points (53% au tir), 8 rebonds, 8 passes décisives et 2,9 interceptions (pour la blague) en 40,4 minutes de moyenne
  • Larry Bird (1986-87) : 28,1 points, 9,3 rebonds, 7,6 passes décisives, 50/40/90 au tir en 40,6 minutes de moyenne

Nous verrons si Russell Westbrook peut maintenir son intensité et son niveau statistique au rebond ET à la passe jusqu’au bout. Mais si c’est le cas, il faudra le mettre dans cette discussion car, même si les détracteurs vont arguer de so pourcentage moyen au tir (seulement un peu plus de 43%), faire ce qu’il fait en 2016, c’est plus qu’inhumain, c’est unique, c’est Westbrookien.

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