One-on-One

Lucas Nogueira déploie ses ailes : et si Toronto avait trouvé le remplaçant idéal de Biyombo ?

Lucas Nogueira
Source image : NBA League Pass

En seulement trois semaines de compétition, le géant brésilien a réussi une prouesse qui semblait improbable cette saison : faire oublier le départ de Bismack à Orlando. Le nouveau chouchou des Raptors, c’est bien Bebe.

Le divorce était prévisible, quasiment acté, et surtout difficile à digérer. Car après de brillants Playoffs et une place identitaire forte dans la réussite de Toronto l’an dernier, le contreur congolais savait qu’il allait recevoir des propositions contractuelles indécentes, préparant les fans canadiens à un départ inévitable. Du coup, en abordant la reprise, on grinçait pas mal des dents lorsque les mots Raptors, protection et arceau se rejoignaient dans la même phrase. Avec ‘seulement’ Valanciunas de confirmé dans la raquette, l’arrivée de jeunes un poil trop verts en Poeltl et Siakam ainsi que Jared Sullinger et son immense détente sèche, les prévisions défensives de l’équipe dirigée par Dwane Casey faisaient assez peur. Pire encore, ou mieux cela dépend du côté où on se place, l’entraîneur demandait à Jonas de se concentrer sur sa protection d’arceau, ce qui revenait plus ou moins à demander à DeAndre Jordan de se concentrer sur ses lancers. On est méchants avec le Lituanien, certes, mais le constat était celui-ci et il ne pouvait rien y faire : les Raptors n’avaient plus de spécialiste en contre-kamikaze. Sauf que par un processus assez inattendu et un enchaînement de joyeux événements en sa faveur, c’est bien Lucas Nogueira qui a obtenu l’opportunité idéale, celle d’intégrer la rotation canadienne pour y faire ses preuves. Et après deux premières saisons passées à faire tourner les serviettes sur le banc ou prendre des photos avec des fans de sa touffe, le géant né à Sao Goncalo a enfin montré qu’il avait aussi du basket sur son profil LinkedIn.

La preuve ce samedi, avec un match référence dans lequel Bebe a tout simplement été clutch pour les siens. Face à des Knicks qui tenaient le regard et voulaient réaliser l’upset à l’extérieur, Carmelo Anthony et Derrick Rose (grosse surprise) se sont empalés dans le mur brésilien lors des dernières secondes de la rencontre, ses bras interminables renvoyant deux offensives new-yorkaises au premier rang. Malgré son air un peu Droopy et sa dégaine de vendeur de parasols sur les plages d’Ipanema, Lucas était un projet que les Raptors souhaitaient développer en cachette, tout comme Bruno Caboclo qui est lui aussi un copain do Brasil. Ce qu’il manquait, et qu’on mentionnait justement ci-dessus, c’était cette opportunité que tant de joueurs souhaitent obtenir au moins une fois dans leur carrière. Pour Nogueira, la chance a toqué à sa porte lorsque Valanciunas s’est flingué le genou il y a quelques jours, une vilaine blessure qui imposait un sacré défi à Casey. Plutôt Siakam, Poeltl ou Lucas ? Face à cette question, l’entraîneur a testé les lianes brésiliennes et bien lui en a pris puisque les chiffres parlent d’eux-mêmes : trois matchs avec au moins 25 minutes de jeu pour Bebe, trois victoires des Raptors et des stops défensifs de qualité. Dont deux hier soir donc, Melo et Derrick se demandant encore où est passé leur tir. Avec 6 points, 10 rebonds, 5 contres et 3 interceptions en 26 minutes (!), Nogueira n’a pas que déprimé Jeff Hornacek et ses tentatives de fin de rencontre. Il a également commencé une campagne de séduction massive à Toronto, afin de permettre aux fans de tourner la page Biyombo.

Maintenant, le plus intéressant sera la suite. Et pourquoi ? Pour plusieurs raisons. Notamment une, très précise et assez facile à décerner, surtout pour ceux qui ont observé la rencontre de ce samedi. En toute fin de rencontre, avec un score serré et une vraie stratégie à adopter, Dwane Casey a décidé de mettre Valanciunas sur son banc pour insérer un Nogueira nettement plus défensif et compatible avec les extérieurs de Toronto en attaque. On le voyait d’ailleurs sur un alley-oop en sortie de temps-mort, Kyle Lowry attirant tous les yeux de la défense adverse pour finalement envoyer une olive en l’air, ponctuée par un finish énorme de Lucas. Entre le meneur des Raptors et DeMar DeRozan, qui est lui aussi un attaquant ne pouvant vivre qu’avec le cuir dans ses mains, les exécutions offensives canadiennes demandent un éboueur capable de faire le sale boulot en fermant la gueule. Ce qui, inutile de le rappeler, convenait parfaitement à Biyombo en fin de match. Cette fois, que choisira l’entraîneur des Raptors sur le long-terme ? Car avec tout l’amour qu’on a pour le footwork de Valanciunas et sa capacité à fluidifier le jeu des siens, sa compatibilité avec les copains du cinq majeur est tendue lorsqu’on se rapproche des dernières minutes du match. Défensivement, inutile de lancer le débat puisqu’il n’existe pas vraiment. Et offensivement, bien qu’on apprécie la science de Jonas, que se passera-t-il si les résultats s’enchaînent avec un Nogueira plus mis en avant ? Si certains préfèrent pointer le changement d’hier soir vers une raison médicale, d’autres se frottent déjà les mains en commandant leur numéro 92 des Raptors. Car depuis deux semaines, c’est bien Bebe qui représente la belle surprise venant du vestiaire de Toronto.

Et pouf, encore un lapin sorti du chapeau de Masai Ujiri. Le General Manager avait parié sur Lucas Nogueira il y a deux ans en espérant que lui ou Biyombo l’année suivante collent au jeu prôné actuellement en NBA. Bismack est aujourd’hui à Orlando, mais que les fans se rassurent : leur nouveau chouchou est dans un registre similaire, et il est tout aussi excitant.

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