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Les Warriors ont déjà dévoilé certaines faiblesses : comment en profiter, durablement ?

Même s’il ne s’agissait que d’un match, et celui-ci permettra aux Dubs de se mettre sur leur 31 dès leur prochaine rencontre, la branlée infligée par les Spurs a tout de même pointé du doigt certains trous dans l’armure californienne.

Comme dirait nos amis habitant chez l’Oncle Sam, doucement sur les hot takes. Et donc sur ces conclusions hâtives, construites sur ce joli mix d’excitation, de semi-réflexion et d’obstination. Car toute saison met du temps à se lancer, et toute grande équipe met quelques rencontres avant de vraiment trouver son rythme de croisière. Suffit de demander au Heat de LeBron en 2010 et son fameux bilan de 50% après une quinzaine de matchs, pour se souvenir du processus par lequel les Warriors vont devoir passer. Mais comme à l’époque Miamythique du Big Three, des équipes avaient réussi à viser droit dans le coeur, exposant ainsi publiquement les points faibles de cette soi-disant armée indomptable. Et hier soir ? San Antonio a déjà fait mouche, avec une correction qui résonnera pendant quelques heures. On regarde donc les premiers éléments expliquant cette gifle, et ce à quoi cela pourra mener prochainement.

  • Une défense presque scandaleuse.

Où est passé le cadenas le plus robuste de la Ligue ? On s’imagine bien que niveau rotation et communication cela va prendre du temps, mais là on parle d’effort. Car quand Steve Kerr demande un temps-mort et engueule Draymond, ce n’est pas parce qu’il latte les couilles d’un opposant. C’est tout simplement car Green, symbole-même de l’effort défensif californien, n’a pas fait son boulot. Et derrière, sans pouvoir compter sur les cols bleus qu’étaient Bogut ou Barnes, c’est tout le puzzle qui s’est effondré. On apprécie les Spurs, mais les voir battre GS en points sur contre-attaque (24 à 20) à l’Oracle relève du blasphème total. Pas de régularité défensive, pas d’attaque rapide, pas de jeu en déflagration, sanction.

  • Une petite taille qui pourrait apporter de grands soucis

On le savait, sans Bogut pour apporter ses centimètres il allait falloir compter sur un effort global des Warriors pour capter du rebond. Mauvais délire dès l’opener, Popovich a placé ses tours sous les arceaux et tout le monde s’est fait plaisir. 55 à 35 aux rebonds, dont 21 offensifs (!) qui ont créé des paniers faciles, difficile d’envisager quoi que ce soit quand on ne peut pas terminer une belle séquence en repli par un vrai rebond. Quand Dedmon chope plus de tirs manqués en 17 minutes (8 prises) que Klay Thompson, Stephen Curry et Zaza Pachulia, comment faire ? Toutes les grandes équipes ont été solides sous les arceaux, et cela passera par le même effort mentionné sur le premier point. Sachant que les Warriors sont potentiellement intouchables en attaque rapide, ne pas prendre de rebond est contre-productif par définition.

  • Un banc qui tire sérieusement la gueule

Andre Iguodala et Shaun Livingston connaîtront de meilleurs jours, mais est-ce que Kerr ne ferait pas des petites rotations différentes sur certains soirs, en mettant Klay dans un rôle de Sixième Homme ? Le sniper n’a pas semblé contre l’idée, et quand on voit la production des remplaçants, cela pourrait se tenter prochainement. Car dans la création, les automatismes ou tout simplement la qualité des joueurs présents, difficile de remplacer Barbosa – Ezeli – Speights par Clark – West – McCaw. Il y a, sur ces 48 premières minutes, un vrai déséquilibre entre le cinq et le banc, et ce n’est probablement pas en bombardant son quintet de la mort 40 minutes par match que le coach des Dubs y trouvera son compte. Le banc a changé, il faudra peut-être penser à le rééquilibrer.

  • Un éventail de tirs un peu moins ouverts

Crédits envers les Spurs, qui ont bougé leurs cannes et se sont forcés à rendre chaque possession bien relou pour les Warriors. Cependant, on pouvait voir sur certaines séquences que les écrans et le jeu de passes de Bogut ainsi que le côté discret et efficace au rebond de Barnes pouvaient manquer. Un seul match au compteur, évidemment, mais Curry, Klay et KD n’ont pas vraiment trouvé de situations wide open sur leurs tirs, dès qu’on passait sur du jeu en demi-terrain. Et aussi rapidement que les Warriors voudront jouer, il faudra bien se créer des opportunités idéales dans les semaines à venir.

  • Une vraie répartition des rôles

Ce qui était formidable avec les Dubs des deux dernières saisons, c’est que chacun connaissait son job et personne ne se marchait sur les pieds. Du col bleu qui fait le sale boulot pendant que Curry et Klay subliment l’attaque, des snipers qui profitent des écrans pour créer des décalages énormes à une tornade comme Draymond Green, et un banc soudé dont les missions étaient assez précises. Aujourd’hui, difficile de savoir qui protège l’arceau, qui doit servir d’appât pour les défenses, qui doit tout donner sur ce temps de jeu avant de sortir, et qui mérite de claquer sa grosse soirée. Ce processus prendra du temps, comme pour Wade, Bosh et Bron, mais il semble bien au coeur de la problématique californienne.

Du calme, du calme, du calme. Seulement 48 minutes de jouées, il n’est certainement pas l’heure de tirer sur la sonnette d’alarme. Cependant, Steve Kerr sait que les Spurs ont fait un exposé en place publique, concernant les premières failles de sa machine. Si le blondinet a été Coach de l’Année l’an passé et a remporté 140 matchs de régulière en deux ans, ce n’est pas pour que dalle : à lui de penser à quelques ajustements, ou de persévérer dans ses choix. Mais attention, car la machine médiatique sera bientôt elle aussi en place pour chercher les défauts des Dubs.

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