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Playoffs Revival : Kevin Garnett fête ses 28 piges sur la gueule des Kings

Kevin Garnett Playoffs Revival

Le plus grand match de l’histoire des Wolves, il est pour Kevin Garnett.

Source image : Youtube, montage @TheBigD05

La saison régulière, c’est sympa, les matchs se multiplient, mais on ne regarde parfois certaines rencontres que d’un œil discret. En ce moment, c’est pire car nous sommes seulement en pré-saison. Pour vous aider à tenir dans ces instants difficiles, voici un de nos petits retours sur les grands moments de l’histoire des Playoffs. Parce que c’est à cette période de la saison que les légendes naissent et que les fauves sortent les crocs.

Eté 2016. Les légendes du début du siècle quittent la NBA les unes après les autres. Kobe Bryant, Tim Duncan puis Kevin Garnett nous laissent orphelins de leur talent. Alors on se console comme on peut en jetant un coup d’œil à certaines de leurs plus belles performances, celles qui ont définitivement sceller leur place au sein des plus grands. Et aujourd’hui, c’est en re-matant du KG sous le maillot des Wolves qu’on laisse couler une petite larme.

Le contexte – les Loups font peur

Début des années 2000. Minnesota possède l’un des plus beaux joyaux de la Ligue en la personne de Kevin Garnett, mais cela ne leur permet pas encore d’être crédibles. En tout cas pas suffisamment pour passer un tour en Playoffs, puisqu’ils enchainent sept sorties consécutives dès le premier round. Pas de quoi inquiéter pour autant du côté de Flip Saunders – RIP – qui vient pour sa part d’offrir six bilans équilibrés d’affilée à la franchise, alors que celle-ci n’avait connu que des saisons dans le négatif jusqu’à présent. Mais en 2004, les choses changent. Pour soutenir KG, les Loups vont chercher Latrell Sprewell à New York ainsi que Sam Cassell à Milwaukee pour former un Big Three local, laissant partir Anthony Peeler, Joe Smith, Terrell Brandon et Mark Jackson. Bref, rien que ne semble en mesure de bousculer la hiérarchie à l’Ouest, mais une amélioration notable qui doit permettre de franchir au moins le premier obstacle de la post-season.

La mayonnaise va plutôt bien prendre puisque Minny termine la saison régulière en tête de la Conférence Ouest avec 58 victoires, record de la franchise. De quoi arriver en confiance et ainsi se débarrasser des Nuggets du rookie Carmelo Anthony en cinq manches pour une grande première chez les Wolves : remporter une série de Playoffs. Mais en demi-finale de Conférence, c’est un morceau plus sérieux qui se présente : les Kings, une équipe elle-aussi frustrée par ses déboires en post-season lors des années précédentes, avec encore des marques de la bifle collée par Kobe et Shaq en 2002. Un roster chargé en talent avec Chris Webber – même si les blessures ont déjà bien marqué son corps – Peja Stojakovic, Vlade Divac, Mike Bibby, Doug Christie ou encore Brad Miller, le tout coaché par Rick Adelman.

Les Wolves quant à eux, bien que mieux équipés que dans le passé, ne vendent pas du rêve lorsqu’il s’agit d’encadrer KG, Spree et le Chinois. Sauf si Trenton Hassell – coupé par les Bulls lors du training camp – Michael Olowokandi – seulement dépassé par Anthony Bennett voire Kwame Brown comme plus gros bust de l’histoire de la Draft – Ervin Johnson – à ne surtout pas confondre avec Earvin “Magic” – Olivier Miller, Fred Hoiberg ou Mark Madsen vous excitent. Mais Cassell et Sprewell, par leur expérience, ont permis à Kevin Garnett de sublimer tout ce petit monde. Et alors que les Wolves se retrouvent à devoir disputer un match 7 décisif face aux Kings, le fraichement élu MVP de la saison régulière – 24,2 points, 13,9 rebonds, 5 passes, 2,2 contres et 1,5 interception – ne peut pas laisser tomber les siens.

C’est un Game 7 mec. C’est cela. C’est tout ce qui compte. Assis à la maison, je charge le fusil à pompe. Je charge le uzi. J’ai une paire de M-16, une paire de 9 millimètres. J’ai une paire de pétoche avec les silencieux dessus. Je charge juste les balles, une paire de grenades. J’ai un lance-missile. Je suis prêt pour la guerre. – Kevin Garnett toujours dans la mesure à 48h du match décisif.

La performance – Kevin Garnett réussit le plus grand match de l’histoire des Wolves

Si la métaphore a fait grincer des dents dans les hautes sphères de la Ligue, elle démontre bien l’état d’esprit dans lequel se trouve Kevin Garnett au moment de jouer ce match décisif le jour de son anniversaire. Histoire de rajouter un peu de drama à la rencontre, c’est également la veille des quatre ans d’un événement malheureux, quand KG perdait son coéquipier Malik Sealy décédé dans un accident de voiture le 20 mai 2000. Un Garnett qui est au sommet de son art et balance depuis le début de la série des stats équivalentes à ce qu’il a proposé en saison régulière avec 22,5 pions, 14,5 prises, 4,7 caviars, 2,3 contres et 1,3 interception sur les six premiers matchs. Avant de les sublimer lors de cette soirée dans un Target Center, qui ne demandait qu’à exploser devant tant d’émotion. Une simple rencontre de second tour de Playoffs, si excitante ? Oui monsieur, car les ingrédients étaient réunis comme nous l’avons vu.

Une rencontre bien débutée qui permet aux Wolves de prendre le large et jusqu’à 13 points d’avance. Pas de quoi impressionner C-Webb et ses boys, qui lentement mais sûrement se rapprochent pour revenir à 74-70. Avant que Kevin Garnett balance un énorme shoot à trois points alors que l’horloge s’égraine, sur la tête Brad Miller et Mike Bibby. Mais Sacto s’accroche et quelques minutes plus tard, le meneur des Kings envoie à son tour un tir du parking pour revenir à 79-75 à une minute quarante de la fin. De quoi y croire ? Pas longtemps, car Chris Webber rate un lay-up tout fait au moment de se rapprocher à 2 points des Loups. Puis c’est au tour de Kevin Garnett de voler un ballon dans les mains de Miller. Tout se joue alors sur la ligne des lancers francs – en dehors d’une ogive de Doug Christie – jusqu’à une ultime tentative longue distance de C-Webb. Les Kings y ont cru, mais c’est bien KG qui saute sur la table de marque. Ses 32 points à 12/23, 21 rebonds, 2 passes, 4 interceptions et 5 contres sont la signature monstrueuse de sa domination qui a permis aux siens de s’imposer.

 

La suite – un exploit sans lendemain chez les Loups

Sur les deux semaines qui suivent, Kevin Garnett ne permettra pas à ses Wolves de franchir l’obstacle représenté par les Lakers, frustré par les Angelinos et par le manque de soutien des siens. Il faut dire que si Latrell Sprewell semble au taquet, Sam Cassell est diminué et ne peut prendre part qu’à 4 rencontres, sans son apport habituel. Six matchs plus tard, la prestation majuscule de KG face aux Kings semble superflue. Pourtant, elle a marqué l’histoire des Wolves et leur a offert une émotion qu’il ne revivront aps de si tôt. Car c’est ensuite le déclin et des années sans Playoffs. Entre le sabotage de 2005 par Sprewell et Cassell plus intéressés par leurs pommes et la façon de nourrir leur famille que par le sort de l’équipe ou encore le fiasco dû à la couille dans le salary-cap en signant Joe Smith, les Loups ne parviennent plus à revenir dans la course à la post-season. C’est donc dans le Massachusetts que Kevin Garnett ira chercher un titre NBA.

Bien sûr, certains se rappelleront donc de KG comme d’un membre du Big Three des C’s champions en 2008, hurlant “Anything is possible”. Mais ses plus belles heures, il les a bel et bien passées en tant que chef de meute des Loups. Et à Minneapolis, on ne l’oublie pas, tout comme sa prestation majuscule du 19 mai 2004.

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