Steve Nash - Suns - Draft 1996
Old-School

Le fabuleux destin du millésime 96 – Steve Nash : chef d’orchestre du plus beau show des années 2000

Et un Hall of Famer de plus dans la cuvée 1996…

Source : montage @TheBigD05

On parle beaucoup de la Draft de 1984 ou de sa petite soeur de 2003 en termes élogieux, comme les meilleures que la NBA ait pu connaître. Pourtant, intercalée entre ces deux générations dorées, une autre cuvée a son mot à dire. Avec 18 titres de champion, 2 MVP des Finales, 4 MVP de saison régulière et 10 All-Stars, la classe 1996 mérite toute notre attention. Ce millésime – qui vient de voir son dernier représentant tirer sa révérence avec un feu d’artifice à 60 points – fête donc cette saison les 20 ans de son arrivée dans la Ligue. Et, force est de constater que ces gars – comme Steve Nash, sujet de ces quelques lignes – ont non seulement brillé sur les parquets mais aussi grandement contribué à changer le visage de la NBA. Pour le meilleur ou le pire, n’est-ce pas monsieur Stern ?

Après Jermaine O’Neal le mois dernier, nous nous intéressons donc cette fois à un autre phénomène de la Draft 96 : Stephen John Nash dit “Steve”. Un petit bonhomme canadien passé par l’université de Santa Clara en Californie avant de devenir un des plus grands meneurs de NBA, un double MVP, un joueur dont le style a influencé bon nombre de postes 1 depuis…

Rookie Origins – Une petite Fac pour un Canadien de plus en plus voyant

Dans sa dernière année au lycée privé de Saint Michaels à Victoria, on peut dire que Nash dominait déjà sérieusement sur les parquets. Déposant plus de 21 points de moyenne accompagnés de plus de 11 passes décisives et 9 rebonds tous les soirs, il fut nommé meilleur joueur de Colombie-Britannique après avoir mené son équipe au titre dans le championnat de la Province. Pourtant, personne ne voulait vraiment de lui en sortie de lycée jusqu’à ce que Dick Davey – le coach de l’université de Santa Clara – demande quelques vidéos de l’ami Steve. Et tout de suite, le stress numéro un de cet entraîneur chevronné fut qu’une grosse fac ne s’intéresse au jeune Canadien et ne le lui pique sous le nez. Car pour Davey, si Nash était “le pire joueur défensif qu’il ait jamais vu”, il était aussi un talent pur capable de révolutionner le jeu d’une équipe.

C’est ainsi qu’en Septembre 1992, ce bon Steve intégra la petite université de Santa Clara en Californie. Il y passera quatre années au cours desquelles il va tranquillement monter en puissance. Très discret en première année, un peu plus présent statistiquement en tant que sophomore, c’est dans sa saison de junior que Nash va véritablement tout exploser. Avec 21 points et 6,5 caviars par match, il est élu meilleur joueur de WCC (Western Conference Coast) dont les Broncos de Santa Clara finiront champions. Dans la foulée, il passe l’été avec l’équipe nationale du Canada dont il est déjà l’un des meilleurs joueurs à 21 ans, sans oublier de faire quelques workout avec des gars comme Jason Kidd et Gary Payton qui aiment revenir en Californie pendant la période estivale. Sur sa lancée, Nash est encore meilleur joueur de sa Conférence dont les Broncos sont encore champions en 1996. Le meneur canadien, né à Johannesburg, est prêt à filer en NBA. Notons au passage qu’il quitte son université en tant que plus prolifique passeur de son histoire (510), meilleur pourcentage aux lancers-francs (86,2%) et détenteur du record de 3-points réussis et tentés (263- 656) tout en étant le troisième scoreur all-time de la Fac avec 1689 points. Son jersey au numéro 11 est d’ailleurs retiré à Santa Clara.

Rookie Year – Cirage de banc et temps de jeu famélique

Ce sont les Suns qui, en ce 26 juin 1996, vont drafter ce Canadien créatif, à la vista et la qualité de shoot idéniable. Quatorze noms sont appelés puis vient le tour de Steve. Direction l’Arizona. Mais que veulent-ils en faire là-bas ? C’est ce qu’on se demande à l’époque. Car “Nashou” est un pur meneur et si cette équipe de Phoenix n’est plus aussi flamboyante, venant de perdre Charles Barkley parti à Houston, Kevin Johnson est encore là et toujours très solide au poste de meneur puisqu’il sort d’un exercice à presque 19 points et plus de 9 passes décisives de moyenne. D’ailleurs, KJ est logiquement titulaire à la mène au démarrage de la saison 96-97 et il le sera tout au long de l’exercice. En même temps, quand un type vous envoie 20 points et plus de 9 offrandes chaque soir depuis le poste 1, pourquoi vouloir le changer ? Non, Steve Nash le rookie, tout aussi talentueux soit-il, n’allait pas déloger un gars de 30 ans encore en pleine force de l’âge. Mais ça, ce n’était pas vraiment le souci car jouer les remplaçants derrière un triple All-Star expérimenté était un fauteuil idéal pour apprendre le métier tout en croquant un peu de temps de jeu.

Malheureusement, ce rôle de back-up était dévolu à Sam Cassell qui avait débarqué lui aussi en Arizona pendant l’été dans l’échange qui avait envoyé Charles Barkley chez les Rockets. Nash se retrouva donc dans la peau du troisième meneur, celui qui gratte tout juste les miettes à chaque rencontre. Et fin décembre 1996, quand les Suns vont monter un trade incluant ce même Cassell, c’est un Jason Kidd tout blondinet et figurant déjà parmi les meilleurs passeurs de la ligue que l’ami Steve va voir arriver dans son vestiaire. A partir de là, sous la direction d’un Danny Ainge ayant récupéré le contrôle du banc après le remerciement de Cotton Fitzsimmons, Johnson et Kidd vont se partager la mène voire être associés sur la ligne arrière mais, en tous cas, Nash ne verra que très peu le terrain. Il participera à 65 matchs dont seulement 2 en tant que titulaire. Au final, c’est un temps de jeu d’à peine plus de 10 minutes en moyenne pour 3,3 points et 2 passes décisives par soir dont le Canadien devra se contenter. Loin des siens, entouré de Cactus, au milieu du désert et peu habitué à être utilisé de manière aussi marginale, Steve Nash galère chez les Suns. L’apprentissage de la jungle NBA est bien compliqué pour lui. Et pourtant, c’est bien à Phoenix, quelques années plus tard, qu’il va conquérir le coeur de nombreux fans et gagner le respect éternel de la planète basket toute entière.

Petit rookie deviendra grand – Un des meilleurs chef d’orchestre de l’histoire

Car après deux premières années ratées dans l’Arizona, Nash va en passer 6 chez les Mavericks. Dans le Texas, il va non seulement devenir un des meilleurs potes de Dirk Nowitzki mais son talent va commencer à crever l’écran. Doucement mais sûrement. Pourtant, à l’été 2004, alors qu’il est agent-libre et qu’il vient de poser trois grosses saisons statistiques, Steve ne se voit proposer qu’un “petit” contrat de 36 millions sur 4 ans par Mark Cuban qui n’a pas envie de trop prendre de risque sur ce meneur de 30 ans et préfère miser sur le grand Dirk qui est plus jeune (4 ans de moins mine de rien). Du coup, Nash accepte l’offre bien supérieure (63 millions sur 4 ans) des… Suns et retourne en Arizona. Et c’est à partir de ce moment-là que la NBA va connaître le vrai Steve Nash. Sous l’impulsion du coach Mike D’Antoni et parfaitement entouré de la triplette Shawn Marion – Amar’e Stoudemire – Joe Johnson, Steve Nash régale et se régale. Il distribue le caviar comme peu de meneurs l’ont fait dans leur carrière (11,5 de moyenne) et mène les Suns à 62 victoires, soit le meilleur bilan de la Ligue, ce qui lui vaut carrément le titre de MVP de saison régulière. Nash fait mal, très mal.

“Nash peut vous planter 30 points dessus mais ce sont ses matchs à 14 passes décisives qui vous tuent.” — Scott Skiles (passeur émérite et détenteur du record de 30 passes décisives en un match)

De 2004 à 2012, en huit saisons chez les Suns, Nash enverra 7 fois plus de 10 caviars de moyenne par match (il s’est raté en 2008/2009 avec seulement 9,7 assists par soir…). Il sera 5 fois meilleur passeur de la Ligue, 6 fois All-Star et donc deux fois MVP qui – même s’ils sont encore aujourd’hui très contestés – ont été obtenus au milieu des Kobe Bryant, Shaquille O’Neal, Tim Duncan voire Dwyane Wade et LeBron James pour une bonne et simple raison : à cette époque, Steve Nash a fait tourner le plus beau show basketballistique des années 2000. 

“Son objectif numéro 1 est d’impliquer tout le monde dans le jeu.” — Michael Finley (coéquipier de Nash vite fait à Phoenix et plus longuement à Dallas)

Oui, ce petit Canadien au physique de beau gosse un peu chétif est avant tout un génie de la balle orange qui, à 38 ans, envoyait encore son double-double points/passes tous les soirs. Un shooteur à la précision chirurgicale, un passeur qui voyait tout, un leader technique, un grand maître du jeu rapide, un gars qui pouvait transformer n’importe quel intérieur – même moyen – en une machine à double-double. Un des plus fabuleux chef d’orchestre que la Grande Ligue ait connu…

Stats en carrière : 

14,3 points à 49% dont 42,8% derrière l’arc, 8,5 passes décisives et 3 rebonds en 31,3 minutes de moyenne sur 1217 matchs de saison regulière dont 1053 en tant que titulaire.

Un bout de son Palmarès : 

  • MVP 2005 et 2006
  • Un des 5 seuls joueurs à plus de 10000 passes décisives en carrière (10335, 3ème All-Time)
  • 8 fois All-Star
  • 5 fois meilleur passeur de la saison
  • 7 fois All-NBA Teams
  • Grand patron du club du 50/40/90 (4 fois, record absolu)
  • Meilleur pourcentage en carrière aux lancers-francs de l’histoire NBA (90,4%)
  • Ring of Honor et jersey (#13) retiré chez les Suns

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Le fabuleux destin du millésime 96 – Jermaine O’Neal : bien plus qu’un coup de poing au Palace

Source image : montage pour TrashTalk by @The BigD05 via images YouTube


3 Commentaires

3 Comments

  1. Kareem Abdul-Gerard

    8 octobre 2016 à 23 h 45 min at 23 h 45 min

    Super, Alex ! on sent le fan derrière ce joueur magnifique, qui est un de mes top 5 all time (avec Papa, Bronbron, Magic et Wilt)

    J’aurais tant aimé lire ce que tu penses du chapitre abusé de la série en 2007 vs des spurs moins forts mais qui les passent avec l’aide affligeante de la nba… Fuck Horry!!!! Fuck Stern !!!!

    • Alexandre

      11 octobre 2016 à 10 h 00 min at 10 h 00 min

      Ah ça 2007, ya une petite odeur de vol c’est clair mais, malheureusement, ça fait partie du jeu parfois…

  2. astringues

    8 novembre 2016 à 18 h 59 min at 18 h 59 min

    “Grand patron du club du 50/40/90 (4 fois, record absolu)”
    Ça calme tout le monde, tout de suite…

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