La Chronique du Coach

La Chronique du Coach – Episode 2 : travailler sur son tir, avec intelligence et discipline

Coach

On ne devient pas Klay Thompson ou Stephen Curry en envoyant des tirs sans se concentrer : avoir une pur gâchette, cela demande du temps et de la discipline.

Parce qu’on a tous rêvé d’avoir la gestuelle de Klay Thompson ou le fouetté de Kobe, on s’est dit qu’il fallait bien quelqu’un pour nous motiver et donner des conseils précieux : ça tombe bien, voici la Chronique du Coach, épisode 2 !

Coach Provenzale est un entraîneur, possédant son brevet d’état d’éducateur sportif, et spécialisé dans la formation des joueurs comme des entraîneurs. Mais au-delà de son CV, c’est surtout un passionné qui souhaite donner la dalle et quelques conseils aux plus curieux cette année. On va donc troquer les tongs pour les vraies chaussures, les ouvre-bières pour les genouillères, et écouter la voie de la motivation !

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Il fait rêver tous les fans de basket, il est audacieux, presque énervant et c’est une machine de guerre derrière la ligne des trois points, je parle évidemment de… Stephen Curry ! Je ne vais pas le cacher, même si je reconnais toutes les qualités du garçon, son efficacité, son talent,… pour sa gestuelle de tir, j’ai du mal ! Parce qu’il faut bien reconnaître que sa mécanique de tir est originale (pour ne pas dire moche – c’était l’instant provocation pour les tous les fans de GSW). Mais sa rapidité d’exécution et sa capacité à garder une telle précision en déséquilibre, laisse évidemment tout le monde rêveur. En termes de gestuelle de tir, je me rapproche plus d’un Klay Thompson, Kobe Bryant, voire de plus anciens comme Ray Allen ou Peja Stojakovic. Quoi qu’il en soit, le tir extérieur redevient “à la mode”, et tous nos jeunes joueurs veulent devenir des gâchettes longue distance. Honnêtement, ça fait plaisir, car je milite pour que notre pays devienne une fabrique de tireur à trois points comme peuvent l’être l’Espagne ou les USA. Cependant, attention à deux ou trois détails !

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Source : wsj.com

#1 : Vouloir marquer

Ça paraît évident, mais méfions-nous. Avoir l’intention du tir, ça n’est pas si inné que cela. Par exemple, je me bats de temps en temps avec des équipes féminines en catégorie jeunes pour leur donner cette envie de marquer, de se mettre en avant, de prendre leurs responsabilités, et d’utiliser un spot de tir ouvert. Je cite souvent cette expression “100% des gagnants du loto ont tenté leur chance”. Au basket, forcément les joueurs ou joueuses qui marquent sont ceux/celles qui, avant tout, ont eu l’intention de tirer. Cela doit devenir une sorte d’instinct que nous, formateurs, devons développer.

# 2 : Une mécanique propre

Même si la gestuelle de tir est quelque chose que l’on s’approprie forcément avec l’âge et les années de pratique, il y a un minimum syndical à posséder. Toutes les personnes passées par les formations de cadres connaissent le fameux “BEEF” qui organise un minimum le corps lors de l’exécution.

  • B = Balance (équilibre)
  • E = Eyes (yeux)
  • E = Elbow (coude)
  • F = Follow Through (accompagner)
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Source : tes.com

Mais ça n’est pas tout ! Nous devons demander aux joueurs/joueuses de se préparer mentalement et physiquement à tirer à chaque réception de balle (appuis, équilibre, placement des mains, regard) même si en finalité le tir n’est pas pris. Je suis quelqu’un d’extrêmement intransigeant sur la gestuelle de tir, et surtout sur les équipes des jeunes. Si nos U11 et U13 ont de belles gestuelles de tir, ils ont de bonnes chances de performer en grandissant. Plus tard, pour les U15, U17 et adultes, notre rôle n’est plus de modifier mais plutôt d’optimiser.

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Source : USABasketball

# 3 : La sélection de tir

Et là, mes petits, bon courage ! Car c’est l’effet pervers de la médiatisation d’un gars comme Curry et de tous ses tirs, à 10 mètres, venus de nulle part : tous les joueurs se prennent pour des gâchettes (qui plus est, talentueuses) et envoient la mayonnaise dès qu’ils touchent la gonfle. Et si l’entraîneur n’est pas là pour cadrer le tout, cela peut vite devenir un fléau. Alors plutôt que de se contenter d’un “c’est un mauvais tir” ou “fais tourner la prochaine fois” nous pouvons poser, pédagogiquement, plusieurs questions. Par exemple : es-tu dans des conditions favorables pour marquer (appuis, distance) par rapport à tes capacités ? As-tu concrètement le temps de tirer ? Ce qui implique de prendre les informations sur le placement/déplacement de la défense. On peut même aller plus loin et avoir en tête la question suivante : “est-on organisé pour le rebond offensif et le repli défensif ?”, voire “quel est le contexte du match, quel est le score, faut-il gagner du temps ou tirer rapidement pour avoir une dernière possession ensuite ?”. Ce qui nous amène doucement sur le “QI basket” des joueurs, mais… c’est un autre débat.

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Source : basketballworkouttips.com

# 4 : Travailler le tir dans les “bonnes” conditions

Et ces conditions de travail ne doivent pas être confortables ! En match, il y aura toujours un défenseur qui essaiera de revenir sur vous. Vous serez toujours un peu essoufflé par la course précédant le tir. Vous serez toujours un peu en déséquilibre au moment de déclencher les hostilités. À cela s’ajoute le détachement émotionnel dont doit être capable le tireur pour oublier les notions de stress, de résistance à l’échec. La concentration, la volonté de marquer, et pas simplement de tirer pour voir ce que ça donne, etc. Enfin, par philosophie personnelle, j’associe très souvent le domaine du rebond offensif au travail de tir. Pour moi, ces deux thèmes peuvent/doivent être travaillés ensemble. Il doit y avoir autant d’intention d’aller au rebond que d’intention de tirer. Quand une équipe est performante au rebond offensif, cela donne confiance aux tireurs.

Je m’arrête là parce que je pourrais parler pendant des heures du tir lequel est, pour moi, dans le top 3 des choses les plus importantes au basket-ball. En conclusion, travaillez dur, et n’oubliez pas que l’essence même du basket c’est de marquer des paniers ! Vous pouvez me suivre et découvrir le travail que je mets en place avec mes jeunes joueuses en cliquant sur la bannière ci-dessous.

14397369_10210971223663299_1845068280_nSource image : wsj.com, tes.com, team usa, basketballworkouttips.com

7 Commentaires

7 Comments

  1. Aes

    21 septembre 2016 à 10 h 16 min at 10 h 16 min

    Une pépite cette série

  2. LB12

    21 septembre 2016 à 11 h 45 min at 11 h 45 min

    Super conseils merci

  3. Gapi

    21 septembre 2016 à 14 h 02 min at 14 h 02 min

    Du lourd, du sérieux, du concret… par un coach digne de ce nom !

  4. VinceR

    21 septembre 2016 à 20 h 11 min at 20 h 11 min

    Moi je connaissait pas beef mais si je peux…je dirais que secret outre les appuis, pliage du genou c'est plus le fouetté du poignet qui apporte la puissance et la courbe qui caracterisera cette nouvelle classe dơbusier dont fait partie maestro curry…essayez et voyez par vous même…la balle pourra être catapultee de très loin,! Maintenant tout l'art se situe aussi dans la maîtrise…suffit pas de copier sinon serait trop simple.? Practice you said practice…comme dirait vs savez ki…lol

  5. Candice

    21 septembre 2016 à 23 h 46 min at 23 h 46 min

    Très intéressant ! Vivement le prochain !

  6. Coach David Bonnel

    24 septembre 2016 à 9 h 01 min at 9 h 01 min

    Pas de détails techniques c’est bien dommage pour nos jeunes

    • ungarsquisaitlire

      11 novembre 2016 à 16 h 35 min at 16 h 35 min

      Apparemment toi, tu ne sais pas lire. Retourne à l’école garçon

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