Draft NBA

On était au Media Day de la Draft NBA : silence, moteur, crayon !

draft

La chance d’avoir quelqu’un au Media Day de la Draft 2016, c’est de pouvoir revenir avec tous les sons et les sourires de cette journée si particulière.

Media Day

Mercredi 22 juin, 13h

Grand Hyatt Hotel, Manhattan, NYC

Les membres des médias sont donc conviés ici, à deux pas de Grand Central Terminal, au coeur de New York et du lobby du Grand Hyatt Hotel, afin de venir chercher leurs accréditions pour la grande messe du lendemain, la Draft. Spacieux, élegant, haut de plafond, le hall est immense et laisse deviner l’étage supérieur. À travers les grandes vitres du premier, on peut voir certains rookies s’affairer. Sans doute pour des vidéos pour la NBA, sans doute en train de discuter avec leurs agents des derniers réglages avant les face-à-face avec les journalistes, des dernières prédictions aussi. Tout le monde semble convaincu qu’il y’aura des échanges. Et pas qu’un peu. Pendant ce temps, en bas, on peut apercevoir Karl-Anthony Towns ou encore le père Sabonis, Arvydas, traverser l’espace de sa longue carcasse pour aller se poser au bar de l’hôtel, en famille et à l’abri des indiscrets.

Beaucoup de journalistes étrangers, dont plusieurs grecs apparemment, ce qui alimente la rumeur que leur compatriote, Georgios Papagiannis, le pivot du Pana de 2m18, soit finalement haut-drafté. En attendant, 12h30 battantes, les portes s’ouvrent, les journalistes pénètrent la salle qui leur est réservée, tout comme un buffet composé de jus de fruits et bouteille d’eau bien alignées. Les joueurs arrivent, à chacun son pupitre. Le contingent français se dirige droit vers Timothé Luwawu, et commence à lui poser des questions : « à qui il se comparerait » « dans l’absolu, il aimerait ressembler à Paul George », les séances prennent vite l’aspect de conférence de presse groupées. Tout le monde pose son dictaphone sur la table, même si les questions ne sont pas posées dans sa langue natale. La consigne est sans doute de ne rien rater. Les journalistes français en profitent, ça cause d’Antibes (l’ancien club de Timothée avant de partir en Serbie), des work-outs que Luwawu a passé. Timothée précise alors que le seul coach NBA présent à l’un de ces essais était celui des Celtics, Brad Stevens, ce qu’il a fortement apprécié. Tout comme la présence de Vogel après celui qu’il a effectué à Orlando, en bon fan d’Indiana et Paul George qu’il est. Il parle ensuite de sa versatilité, du fait que de toute façon, non il n’y aura aucune déception, quoi qu’il se passe et quel que soit son rang, il sera déjà tellement content d’être drafté. Le plaisir se prolonge encore un peu en français, avant de laisser la parole aux Américains, jusque là patients mais maintenant soulagés de pouvoir y aller de leurs questions. Evidemment, ce sont les mêmes, mais en anglais. L’internationalisation de la ligue a un prix : celui de la répétition. Quand on lui fait remarquer, Timothé préfère en rigoler. D’autant qu’il a encore un peu de mal avec l’accent américain, tout du moins new-yorkais.

Les journalistes s’affairent, filment, interrogent et photographient, parfois un peu tout en même temps. iPhone et iPad sont de la partie. Certains se contentent toutefois d’un carnet. Comme ce journaliste qui semble une sorte d’institution. Tous les ans, il fait le tour des draftés en leur posant une seule et même question : « ce qu’ils feront de leur premier chèque ». Effectivement, c’est important. Depuis le début de la demi-heure accordée aux médias, le pupitre de Ben Simmons ne désemplit pas. L’attention est concentrée sur lui. L’Australien n’a pas l’air décontenancé plus que ça. Il faut dire qu’il est programmé pour depuis un moment. Ça tombe bien, c’est maintenant. Pendant ce temps, au pupitre d’un autre francophone, Skal Labisisère, c’est la possibilité d’être drafté par les Kings qui est évoquée. « Ça serait la Kentucky connexion, avec Rondo, Cousins et Willie ». En effet. Skal continue sur le sujet, évoque coach Cal et ce qu’il a appris. Il a le sourire, l’air tranquille et détendu, avant d’évoquer sa versatilité ou son potentiel ; bref, chacun met ses points forts en avant. À ce petit jeu, c’est sans doute ce que fait Poetl, on ne saura jamais, l’échange se déroule en allemand.

Jakob fait partie de la seconde fournée de rookie. Le relais s’est fait quelques minutes auparavant, à 13h précises. Malik Beasley, Dragan Bender, Jayden Brown, Henry Ellison, Jamal Murray, Domantas Sabonis, Denzel Valentine, et donc Simmons, Luwawu et Labissière, ont laissé place au groupe suivant. Wade Baldwin IV, Marquese Chriss, Deyonta Davis, Kris Dunn, Buddy Hield, Dejounte Murray, Malachi Richardson, et l’autre star de la cuvée. Brandon Ingram. Le longiligne ailier répond bien évidemment en anglais, mais assez nonchalamment. Pour tout dire, il a l’air un peu fatigué, mais c’est aussi son style. Le mec n’est pas aussi smooth sur le parquet pour rien, il semble aussi l’être dans la vie. L’ambiance est un peu plus électrique devant le pupitre de Malachai où plein de monde s’est entassé. Il faut dire que le futur drafté est un local, Syracuse pour lui. Forcément, ici, ça ne laisse pas indifférent. Tout comme la présence au milieu de tout ça d’un Stauskas, qui a l’air content d’être là. Ça doit lui rappeler des souvenirs. Face à lui, la zone réservée à Buddy Hield. Très charismatique, souriant, assez marrant. Il a « hâte d’être à demain, c’est quand même très excitant, ça va être fun. » On lui demande ce qu’il fera en attendant, il parle d’écouter sa musique « du reggae, tout le temps, vous devez savoir d’où je viens. » L’arrière n’est pas Bahaméen pour rien. Dans le coin adjacent, on entend Dunn se décrire « comme un student du game. » Puis des « sacrifices de son grand frère qui a tout donné pour lui », ou de « donner son A-game tous les soirs ». Le gars est bien briefé et semble au moins aussi posé. Il se lâche tout de même un peu quand ça parle, dribble, Shamgod et playground new-yorkais. En tant que mec de Connecticut, il connaît sans doute ça au moins en voisin, voire en habitué. D’ailleurs, il va pouvoir retourner profiter un peu de New York City ; la tournée des médias, même si certains insistent pour gratter une ou deux dernières questions au grand dam de l’organisation, est finie.

Il est temps, 13h30, pour tout le monde d’aller déjeuner, envoyer sa copie ou tout simplement se reposer. Affaissé, âgé mais souriant, le vieil homme travaille pour le Queens Times, un journal avant tout destiné aux Italo-Américains. Son magnétophone à l’ancienne, littéralement puisqu’il fonctionne à cassette, est une institution lui aussi. Il prend son métier très à coeur et connait tout le monde ici. Il est toutefois surpris d’entendre parler français, encore, dans le lobby. Il veut savoir qui c’est. Manifestement, il s’agit du conseiller de Cheick Diallo et de ses amis. Ça parle de trade, et de Derrick Rose notamment. Le transfert de l’ancien MVP aux Knicks n’est pas encore officialisé, mais déjà tout le monde le sait : ça risque de fortement bouger demain.

Couverture

Kris Dunn, relax.

Couverture

Skal Labissiere, peinard.

Remerciements : Julia Torres / Com’over

Source image : Getty Images


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